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Coronavirus: pourquoi il faut utiliser du gel hydroalcoolique, mais pas en abuser

Un gel hydroalcoolique

Un gel hydroalcoolique - LOIC VENANCE / AFP

S'ils restent un allié essentiel en cette période de propagation du nouveau coronavirus, les gels hydro-alcooliques doivent être utilisés avec parcimonie.

Les gels hydroalcooliques sont-ils en passe de devenir une denrée rare? Depuis l’arrivée des premiers cas du nouveau coronavirus en Europe, les appels des autorités aux gestes simples du quotidien, dont un lavage fréquent des mains, se multiplient.

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De fait, en Italie, où plus de 50 morts ont été recensés en début de semaine, les ventes de ces solutions de lavage ont explosé, forçant, face à la demande, les laboratoires à augmenter leur production à plusieurs milliers de flacons de manière quotidienne. 

Ne pas abuser des gels 

L’utilisation fréquente de ces gels est essentielle. Mais si leur efficacité est avérée, elle pourrait, à très forte dose, être à l’origine de plusieurs complications.

"Cela peut réduire les moyens de défenses de la surface de la peau: on amenuise la flore cutanée et on risque de développer d’autres pathogènes car tous les germes que l’on a à la surface de la peau ne doivent pas être éradiqués. Nous avons la flore cutanée résidente qui est là pour nous défendre", explique, dans les colonnes de Ouest-France, Céline Couteau, maîtresse de conférences à la faculté de pharmacie de Nantes.

Pour autant, les gels hydroalcooliques restent un allié en cette période, en particulier en l'absence de savon ou dans les transports en commun. 

"Je recommande néanmoins d’aller s’en procurer, uniquement en pharmacies avec le marquage CE, qui garantit qu’il s’agit bien d’un dispositif médical respectant les normes en matière d’effet bactéricide, fongicide et efficacité vis-à-vis des virus", ajoute-t-elle. 

Attention aux peaux sensibles

De son côté, le Guardian s'est également penché sur l'utilisation de ces substances. Et selon Sally Bloomfield, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, les virus, tels celui de la gastro-entérite, seraient beaucoup plus résistants aux gels que les bactéries. Pour autant, le coronavirus est un "virus d'enveloppe", et l'alcool attaque son revêtement et réduit les risques. 

Attention cependant si vous avez la peau sensible: l'alcool, "pour quelqu'un qui a une peau fragilisée parce qu'il y a par exemple du psoriasis ou de l'eczéma, il y a une inflammation de l'épiderme et cela peut l'altérer", expliquait Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris, au Journal des Femmes.

L'eau et le savon, la meilleur solution

Sally Bloomfield souligne que la meilleure solution reste de se laver les mains à l'eau et au savon, ainsi que d'éviter de toucher tout ce dont nous n'avons pas l'utilité. Les poteaux de bus ainsi que les poignées de portes sont cités en exemple. 

Cette hypothèse est corroborée par une étude de 2019 de l'American Society for Microbiology, qui soulignait que l'utilisation de l'eau courante et du savon pour se nettoyer les mains était bien plus efficace qu'une seule noisette de gel hydroalcoolique. À condition de le faire correctement: l'OMS recommande un lavage des mains d'une durée de 40 à 60 secondes, en commençant par les paumes, sans oublier les espaces interdigitaux et le dos des doigts.

Hugo Septier