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Coronavirus: ces internes étrangers qui ont préféré rester en France pour renforcer les effectifs des hôpitaux

Ahmed et Zainab, internes saoudiens dans des hôpitaux parisiens, avaient le choix d'être rapatriés. Par solidarité, ils ont choisi de rester en France et de prêter main forte à leurs collègues.

Rester dans leurs hôpitaux et prêter main forte à leurs collègues français dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. C'est ce qu'ont décidé divers internes étrangers, alors même que des solutions de rapatriement leur étaient proposées. 

Ahmed Zugail, interne saoudien dans un établissement parisien, n'avait plus que quelques mois de stage avant d'obtenir son diplôme de chirurgien-urologue. Mais depuis l'arrivée du Covid-19 sur le sol français, son emploi du temps a été chamboulé.

"On aide nos collègues en réanimation, assure-t-il. Il faut tourner les patients qui sont sous ventilation. C'est assez lourd comme geste. Il faut quatre ou cinq personnes pour ça."

"Je ne serais pas très utile en confinement"

Ahmed aurait pu rentrer en Arabie saoudite dès le début de la pandémie. Il n'a pas choisi cette option. Il s'explique: "J'ai des responsabilités avec mes collègues. Je ne peux pas les abandonner dans ces moments difficiles. Si je rentre, je serais en confinement pendant deux semaines. Je ne serais pas très utile en confinement."

Sa femme, Maleha, également médecin, a été contaminée par le virus. Alitée pendant plusieurs jours, elle a préféré préserver le secret pour éviter que ses proches, au pays, ne s'inquiètent.

"Je les rassure"

Zainab Bakhsh est Saoudienne, elle aussi. Interne ORL à l'hôpital européen Georges-Pompidou, elle s'entretient presque chaque jour avec sa famille. Ses proches sont, selon ses mots, "un peu inquiets". "Mais moi je les rassure", dit-elle. Elle échange régulièrement avec son frère, installé à Djeddah, à 6000 kilomètres de Paris: "Je lui dis qu'ici on a tout le matériel".

Ahmad comme Zainab prévoient tout deux de poursuivre leur cursus en France après la fin de leur internat.

Florian Bouhot