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Certains coeurs "brisés" présentent des séquelles sérieuses

Le stéthoscope d'un médecin dans un centre médical à Hatay, le 6 juin 2017.

Le stéthoscope d'un médecin dans un centre médical à Hatay, le 6 juin 2017. - Ozan Kose - AFP

Selon une étude menée par des médecins de l'université d'Aberdeen, le "Tako-tsubo" ou syndrome du "coeur brisé" affaiblirait le muscle cardiaque dans la durée.

Il ne faut pas que du temps pour réparer un coeur "brisé". Les peines de coeur ont tendance à être prises à la légère, alors même que la perte d’un être cher concerne la totalité de la population. Pourtant, chez certaines personnes, le choc se traduit par une contraction anormale du muscle cardiaque. Le ventricule gauche change de forme, le muscle est affaibli et parvient moins bien que d’ordinaire à pomper le sang de l’organisme.

Ce phénomène, découvert au Japon dans les années 1990, se nomme le "Tako-tsubo" (ou cardiomyopathie de stress) et a des répercussions plus longues et sérieuses que ce que la communauté médicale avait pu penser dans un premier temps.

"Nous pensions que les personnes souffrant de cardiomyopathie 'Tako-tsubo' se rétablissaient sans intervention médicale", concède Dana Dawson, chercheure à l’université d’Aberdeen et auteure principale d’une récente étude sur le sujet.

"Nous avons montré que cette maladie provoque des dommages pendant bien plus longtemps que ce que nous pensions", poursuit-elle dans un communiqué publié par l’université.

L’étude menée auprès de 52 patients sur quatre mois a en effet montré que les séquelles du choc s’étiraient dans le temps. Les patients, qui avaient tous souffert du syndrome "du coeur brisé" et dont 92% étaient des femmes, ont passé plusieurs échographies et scanners pour assurer le suivi.

Un système de pompe affaibli

Les médecins ont alors remarqué que le syndrome avait affecté de manière permanente le système de pompe du coeur et que de petites cicatrices étaient apparues à la surface du muscle, réduisant son élasticité et l’empêchant de se contracter correctement.

"Le tako-tsubo est une maladie dévastatrice qui peut frapper des personnes d'ordinaire en bonne santé d’ordinaire", prévient Jeremy Pearson, médecin à la British Heart Foundation (BHF).

"Il n’existe pas de traitement à long-terme pour les patients en souffrant parce qu’on pensait, par erreur, qu’ils s’en remettraient complètement", concède-t-il dans un article publié sur le site de la fondation. "Cette nouvelle étude (...) suggère que nous devrions les traiter comme des patients menacés d'insuffisance cardiaque", conclut-il. 

D'après l'université d'Aberdeen, le "tako-tsubo" touche environ 3 000 personnes par an au Royaume-Uni. 

Liv Audigane