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Cancer: le difficile droit à l'oubli

Avant la signature mardi matin, par François Hollande d'un protocole d’accord sur le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer, BFMTV a recueilli le témoignage de Claudine. Il y a 3 ans, elle a eu un cancer du sein et depuis, elle ne peut pas souscrire facilement à un prêt auprès d'une banque ou à une assurance.

Les personnes ayant guéri d'un cancer seront bientôt dispensées de mentionner leur ancienne maladie lorsqu'elles souhaiteront contracter un emprunt auprès d'une banque. Le Président de La République va signer un protocole d’accord sur le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer; c’était une volonté de François Hollande, le projet avait d’ailleurs déjà été évoqué lors du dernier "plan Cancer".

A l'avenir, toute personne ayant guéri d'un cancer n'aura plus besoin de déclarer qu'elle a souffert de cette maladie, passé un certain nombre d'années après la fin du protocole thérapeutique, qui reste à préciser.

"Cela ne devrait pas être un problème"

Une bonne nouvelle pour Claudine Vinsonnaud. En 2013, elle souhaite acheter un studio avec son mari pour leurs filles. Au même moment, on lui décèle un cancer du sein. La banque avait déjà accepté le prêt, mais lorsqu’elle l’informe de sa maladie, l’établissement lui envoie des formulaires à remplir.

"Quand vous êtes en traitement c'est lourd, vous devez en plus essayer de résoudre un problème qui à la base ne devrait pas être un problème", regrette-t-elle. Trois mois passent, sans nouvelle de qui que ce soit. Claudine et son mari se débrouillent alors autrement pour acheter le studio.

Trois millions de Français concernés

Aujourd’hui, son cancer est en rémission complète. Le couple songe à déménager de leur appartement, mais hésite. "On se dit qu'on va de nouveau être confrontés à des questionnaires. Et on n'est pas sûr au final de pouvoir investir. Aujourd'hui on hésite à se relancer dans une acquisition immobilière", raconte Claudine.

Le droit à l'oubli concernera d'abord tous les cancers des enfants, comme l'avait souhaité François Hollande. Les adultes seront également concernés, selon des modalités distinctes. Trois millions de Français sont concernés.

K. L. avec Tanguy de Lanlay