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Cancer de l'estomac: comment s'organise sa prise en charge?

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La famille de Bernard Tapie a révélé dimanche qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac. Un cancer relativement peu fréquent qui touche notamment les hommes âgés de plus de 60 ans. Sa prise en charge englobe un suivi avant, pendant et après le traitement de référence, la chirurgie.

C'est un combat que mène Bernard Tapie depuis plusieurs mois, celui contre son cancer de l'estomac. Dimanche, sa famille a révélé sa maladie, qui s'est également étendue à l'œsophage, mais le célèbre homme d'affaires de 74 ans a annoncé dans les médias qu'il allait "se battre comme il l'a toujours fait". Bernard Tapie est hospitalisé à l'hôpital Saint-Louis à Paris, selon Le Parisien, afin de suivre un programme de chimiothérapie pour que la tumeur soit réduite avant une opération dans plusieurs mois.

Un type d'intervention possible seulement si le patient ne présente pas de métastases, des cellules cancéreuses qui partent coloniser des organes voisins ou d'autres endroits de l'organisme. Le cancer de l’estomac est une maladie des cellules de l’estomac, organe creux du système digestif qui fait suite à l’œsophage et précède le duodénum, la première partie de l’intestin.

Il s’agit le plus souvent d’un adénocarcinome (90% des cancers de l'estomac), un cancer du tissu qui tapisse la muqueuse de l’estomac, sa face intérieure. L'institut national du cancer (Inca) estime à 6556 le nombre de nouveaux cas de cancers de l'estomac en 2012, ce qui le place au 13e rang des cancers les plus fréquents en France. Il touche plus souvent les personnes âgées de 65 ans et plus, en particulier la population masculine (66% des nouveaux cas).

Un choix de traitement pour chaque situation

Les signes d'alerte de ce cancer sont tardifs et non spécifiques: douleurs à l'estomac, perte d'appétit, nausées, vomissements, fatigue, perte de poids, anémie. C'est pourquoi son diagnostic repose sur un examen endoscopique de l'estomac ou une gastroscopie qui permet de visualiser la lésion et son étendue. "Des biopsies sont effectuées au niveau des zones suspectes et l'examen des prélèvements permet d'affirmer la nature cancéreuse de la lésion et son type", précise la Ligue contre le cancer.

A l'instar des autres cancers, plus ce dernier est détecté précocement, plus il pourra être traité efficacement. Cependant, les chances de guérison ne peuvent être estimées qu'à partir de l'ensemble des résultats. Selon la situation du patient, différents professionnels peuvent être impliqués: hépato-gastro-entérologue, chirurgien, oncologue, nutritionniste, radiologue... C'est cet ensemble de spécialistes qui déterminera le traitement le plus adapté à la situation.

La chirurgie est le traitement habituel d’un cancer de l’estomac: l’intervention consiste à retirer tout ou partie de l’estomac (gastrectomie totale ou partielle). "Pour les formes localement avancées, la chimiothérapie avant et après la chirurgie est le traitement de référence. Différents protocoles associant un ou plusieurs médicaments peuvent être proposés pour ralentir voire arrêter la progression du cancer", précise l'Inca.

Une période de suivi importante

Parallèlement à cette prise en charge, des examens et une consultation particulière seront réalisés pour savoir si la maladie a provoqué un changement de "l'état nutritionnel". Car au-delà de la perte de poids qui peut être causée par le cancer en lui-même, notamment à un stade avancé, les traitements et leurs effets secondaires peuvent également favoriser la perte de poids et exposer le patient à une dénutrition.

A noter qu'il est possible de vivre sans estomac puisqu'il ne s'agit pas d'un organe vital, mais ce dernier joue un rôle important dans la digestion des aliments. Son ablation entraîne donc des complications qui nécessitent une adaptation de son hygiène de vie. Ce qui explique notamment pourquoi d’autres soins complémentaires peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements: difficulté à se nourrir, douleur, besoin de soutien psychologique, problèmes sociaux...

Cette période de suivi, d'une durée moyenne de cinq ans, est également indispensable pour détecter d’éventuels effets indésirables tardifs des traitements et les signes d’une éventuelle récidive ou d’un second cancer. Selon la Ligue contre le cancer, "les risques de rechute sont liés à la localisation de la tumeur, à son extension locale et régionale, à l'existence et au nombre de ganglions envahis par des cellules cancéreuses."

Le patient est ainsi amené à réaliser des examens cliniques tous les 3 à 6 mois: échographie de l’abdomen ou scanner thoraco-abdomino-pelvien, et fibroscopie en cas de gastrectomie partielle. Enfin, après avoir pris la parole pour annoncer cette maladie, la famille de Bernard Tapie montre également à quel point il est important de briser ce tabou pour ne pas hésiter à demander un soutien psychologique pour soi et ses proches.

Alexandra Bresson