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"Ça ne sert à rien": après le dépistage de Roubaix, la lenteur du séquençage pointée du doigt

Près d'un mois après la campagne, les résultats des analyses destinées à identifier d'éventuels cas de variant britannique dans la commune n'ont toujours pas été communiqués.

La campagne de dépistage organisée à Roubaix au mois de janvier semble tourner au fiasco. Outre la faible affluence rassemblée par cette opération, c'est la lenteur des séquençages, destinés à identifier des cas de variant parmi les tests positifs, qui est désormais pointée du doigt. Près d'un mois après la fin de la campagne, les résultats n'ont toujours pas été communiqués.

À l'origine, l'opération se voulait massive, de façon à obtenir une photographie fiable de la diffusion du virus et de ses versions mutantes dans la commune. Dans les faits, seules quelque 5300 personnes sont venues se faire dépister. 66 avaient été immédiatement détectées positives via un test antigénique, 40 personnes de plus via un test PCR.

Pré-analysés au CHU de Lille, ces échantillons ont ensuite été envoyés à Évry (Essonne) en vue d'un séquençage. Mais le laboratoire assure les avoir reçus en plusieurs fois, dont une partie à la fin du mois de janvier. Les résultats ont été transmis à l'Agence régional de Santé (ARS) Hauts-de-France jeudi soir. Mais ils n'ont pour l'heure pas été rendus publics.

"On n'est pas capable de faire correctement ce travail"

Le Professeur Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille, peine à comprendre comment l'opération a pu requérir autant de temps.

"Si on avait eu les résultats en une semaine, ça aurait été beaucoup plus utile que les avoir au bout de trois semaines", regrette-t-il.

Et le professionnel de santé de tacler: "Personnellement, je pense que ça ne sert absolument à rien au niveau de la santé publique" de communiquer les résultats près d'un mois après la campagne.

"Ça a simplement montré qu'en France, à la fin du mois de janvier-début février, on n'est pas capable de faire correctement ce travail", poursuit-il.

L'Agence régionale de Santé précise que les échantillons ont été envoyés au laboratoire d'Évry à la demande du Professeur Philippe Froguel.

Le variant britannique continue à se répandre en France, a confirmé jeudi Olivier Véran, le ministre de la Santé, en conférence de presse. Le mutant représente désormais "20 à 25% des infections en France".

Chloé Berthod avec Florian Bouhot