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Ardèche: un salarié d'EDF contaminé par une particule radioactive dans une centrale nucléaire

La centrale nucléaire Cruas-Meysse en octobre 2017

La centrale nucléaire Cruas-Meysse en octobre 2017 - Philippe Desmazes-AFP

La particule a été retirée, et le salarié "fera l’objet d’un suivi médical par la médecine du travail" assure EDF.

Un salarié de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) a été contaminé par une "particule radioactive" sur la nuque fin août dans une zone contrôlée, écrit dans un communiqué l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). Une information dont Le Dauphiné Libéré avait déjà parlé fin août.

"L’exploitant de la centrale nucléaire de Cruas a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un évènement significatif relatif à la radioprotection concernant le dépassement, pour un salarié d’EDF, d’une limite de dose individuelle annuelle", explique l'ASN. L'événement a été classé au niveau 2 sur l’échelle internationale de gravité des événements nucléaires et radiologiques (INES).

"Une contamination a été détectée dans la zone 'épaule - tête'"

Cette contamination a été repérée le 24 août dernier. Deux intervenants ont, ce jour-là, procédé à une "vérification de l’étanchéité des alimentations d’air de robinets pneumatiques", précise le communiqué. Lors du contrôle à la sortie de cette zone, "une contamination a été détectée dans la zone 'épaule - tête' d’un des intervenants".

L'agent a été pris en charge par le service médical et la particule "a été retirée", écrit l'ASN, mais après évaluation, l'exposition atteint "une valeur supérieure à la limite réglementaire fixée pour la dose équivalente peau", soit 500 mSv (milliSievert). "La dose reçue par l’intervenant pour le corps entier est quant à elle nettement inférieure à la limite réglementaire annuelle".

Dans un rapport daté du 27 août, EDF écrit que "le salarié a poursuivi son activité. Il fera l’objet d’un suivi médical par la médecine du travail, complémentaire au suivi classique des personnes intervenant en zone contrôlée". Selon les informations de France Info, l'individu ne devra toutefois pas travailler en zone nucléaire pendant 12 mois.

"L'origine de cette contamination" n'a pas pu être déterminée

Malgré les investigations menées, "les zones ou les points de contamination qui ont pu être à l’origine de cette contamination n’ont pas pu être déterminés", précise le communiqué. EDF considère que la particule radioactive était présente "dès l’entrée de l’intervenant dans le bâtiment réacteur jusqu’à son retrait".

En juin 2020 déjà, un travailleur de cette centrale avait été contaminé par "une dose supérieure au quart d’une limite de dose individuelle annuelle autorisée", expliquait alors l'ASN. L'événement avait été classé au niveau 1 sur l'échelle de l'INES. D'autres signalements de contaminations ont été signalé en août en France: un à la centrale de Cattenom (Moselle) ou à la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), tous les deux classés niveau 1.

FranceInfo note que l'été est la période la plus propice aux contaminations, car c'est la saison de l'entretien des centrales. À Cruas-Meysse l'incident s'est d'ailleurs produit alors que le salarié touché effectuait "des contrôles visuels sur plusieurs vannes dans le bâtiment réacteur de l’unité de production n°2, actuellement en arrêt programmé pour maintenance", souligne EDF.

En 2017, plusieurs militants de Greenpeace s'étaient introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse pour "pointer du doigt les failles de sécurité" de certaines zones de ces centrales. Les militants avaient par la suite été condamné à 4 mois de prison de sursis et à des amendes de 500 euros.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV