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Après des grossesses sous Dépakine, ses trois enfants souffrent de troubles différents

Laurence Blanchard était sous Dépakine, un antiépileptique, durant ses trois grossesses. Aujourd'hui, ses deux garçons et sa fille sont atteints de troubles physiques et comportementaux.

La Dépakine, un antiépileptique fabriqué par le laboratoire Sanofi, est depuis longtemps accusé de provoquer des malformations chez le fœtus. Pourtant, selon une dernière étude, 10.000 femmes enceintes en auraient pris entre 2007 et 2014. Laurence Blanchard, mère de trois enfants, a elle aussi choisi d'en consommer lors de ses grossesses. Aujourd'hui, elle le regrette amèrement et compte entamer des poursuites.

Un garçon qui vit en hôpital de jour, une fille victime d'incontinences

Les deux garçons et la fille de Laurence présentent tous des troubles physiques ou comportementaux. Parmi ses trois enfants, c'est son cadet âgé de 16 ans qui est le plus atteint. Il vit au quotidien en hôpital de jour et suit un traitement rigoureux. Comble de l'histoire, le jeune homme doit prendre des médicaments du laboratoire Sanofi, celui qui produit la Dépakine.

"J'ai 22 ans et je dois aller aux toilettes régulièrement" confie Lisa, la fille de Laurence

Lisa, la fille cadette, souffre d'incontinences. Dernièrement, elle a même fait une demande pour obtenir le statut de travailleur handicapé. La jeune fille a constamment besoin d'aller aux toilettes et doit donc obligatoirement en disposer à proximité. Pour elle, c'est "difficile d'en parler et de dire à des gens que je me fais dessus".

Des démarches infructueuses

"On a perdu 15 ans" affirme Laurence

Après de nombreux allers-retours chez le médecin, ce n'est que l'an dernier que Laurence a pu faire le lien avec le médicament. Pendant plus de 20 ans, elle a fait le tour des docteurs pour trouver un lien entre les troubles de ses enfants et la Dépakine. Avec son mari, ils se sont coupés du monde à cause des jugements portés sur eux.

Laurence demande aujourd'hui à Sanofi d'assumer ses responsabilités. Elle réclame un "fond d'indemnisation" et accuse notamment l'Etat qui serait "coupable".

J.B avec Thibaud Cheminant et Eve Castaing