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Amiante au tribunal de Créteil: "on est au début de l’apparition des cas de maladie"

Après la mort d'une magistrate d'un cancer dû à l'exposition à l'amiante, les syndicats du TGI de Créteil demandent la réalisation urgente de travaux de désamiantage. Ils demandent aussi un suivi médical pour les employés et craignent que d'autres cas se déclarent.

Le 8 juillet dernier, la magistrate Françoise Bienvenu est morte d'un cancer. Juge au tribunal de grande instance de Créteil entre 1992 et 2002, la magistrate aurait été victime d'une exposition à l'amiante, son fils en est persuadé.

"Elle a eu un cancer de la plèvre, qui est aussi appelé cancer de l'amiante. Il fallait comprendre d'où venait cette amiante. Nous avons fait expertiser le tribunal d'Evry où elle a travaillé ces dernières années", explique son fils Pierre-Yves Bienvenu.

"Victime de son travail qu'elle aimait tant"

C'est en fait au tribunal de Créteil que Françoise Bienvenu aurait été exposée. "Que ma mère, qui était si passionnée ait été victime de son travail qu'elle aimait tant, c'est révoltant", déplore son fils. 

Selon les syndicats de magistrats, la présence d'amiante au TGI de Créteil a été constatée dès 1997. Mais depuis 2009, seule la salle des archives et le wagon qui transportait les dossiers contaminés ont été désamiantés. Pour les syndicats, ces travaux sont insuffisants.

"Ce bâtiment est truffé d'amiante et il est très toxique. Dans les bureaux vous avez les volets coupe-feu qui sont à proximité, les plaques sur les murs. Dans les salles d'audience vous retrouvez aussi des fibres d'amiante sur le plafond", détaille Daniel Naudin, représentant de l'entente syndicale du TGI de Créteil. 

"Plus le temps passe, plus il y a de malades"

En 2005 déjà, un autre employé du tribunal a été reconnu invalide à 70% à cause de l'amiante. Désormais, les syndicats menacent d'exercer leur droit de retrait si des "mesures d'empoussièrement" ne sont pas mises en place avant la fin 2018. La présence d'amiante depuis la construction du tribunal dans les années 70 pourrait-elle mener à un scandale sanitaire?

"C'est un risque qui est difficile à évaluer parce que c'est une exposition qui donne des cancers entre 15 et 45 ans après l'exposition, c'est-à-dire que plus le temps passe, plus il y a de malades. Là on est au début de l'apparition des cas de maladie", souligne Claude Danglot, médecin de l'entente syndicale du TGI de Créteil. 

Face à ce danger, les syndicats réclament aussi un suivi médical de tous les employés du tribunal ayant travaillé pendant les années d'exposition. Le chantier de désamiantage devrait quant à lui débuter à l'été 2019. 

C. B avec Elodie Messager