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Abandonner le masque en extérieur? Des maires de communes sans Covid prennent les devants

Dans certaines zones du pays où le taux d'incidence est extrêmement faible, plusieurs élus ont décidé d'abandonner le masque en extérieur.

Les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 poursuivent leur repli en France. Ce mardi selon les données de Santé publique France, les services de réanimation, qui accueillent les cas les plus graves, comptaient 2825 patients, contre 2945 lundi. Ce chiffre est passé sous la barre des 3000 dimanche, une première depuis fin janvier.

A l'échelle nationale, l'incidence poursuit également sa baisse avec 91 cas pour 100.000 habitants, un chiffre qui frôle le zéro dans plusieurs communes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, où l'obligation du port du masque en extérieur interroge désormais.

"Être à l'écoute de sa population"

A Cornillon-Confoux, ville des Bouches-du-Rhône située à une vingtaine de kilomètres de Marseille, la question a été tranchée. Alors que la commune d'un peu plus de 1300 habitants n'a pas connu un seul cas positif ces quatre dernières semaines, le maire Daniel Gagnon a levé l'obligation du masque en extérieur via un arrêté municipal.

"Le pragmatisme et la réalité du terrain font que ce n’est plus une obligation de porter le masque sur notre territoire. Le rôle d’un élu c’est aussi d’être à l’écoute de sa population qui est en demande, et qui d’ailleurs, pour la plupart, ne porte plus le masque", assure-t-il au micro de BFMTV.

Du côté de la population, cette nouvelle est très bien accueillie, bien que le masque soit encore imposé dans les bâtiments publics et à proximité de l'école de la commune.

"C’est une très bonne nouvelle, car ça faisait un moment qu’on attendait ça, d’ailleurs on va en profiter tout de suite", "ce n’est pas une mauvaise chose, on a assez d’espace pour ne pas être collés à un mètre des uns des autres", assurent à notre antenne plusieurs Cornillonnais, qui profitent du retour des beaux jours.

Prudence

Plus à l'Est, à quelques kilomètres de Nice, la prudence reste de mise à Saint-Cézaire-sur-Siagne dans les Alpes-Maritimes, département qui a payé un très lourd tribut à la maladie ces dernières semaines. Si le taux d'incidence est faible, avec moins de 10 cas pour 100.000 habitants, l'administration refuse pour l'heure d'autoriser les déplacements en extérieur sans protection.

"Il ne faut pas oublier le Covid car on n’est pas encore arrivés à 60, 70 voire 80% comme disent certains scientifiques pour avoir l’immunité collective. Il faut absolument avoir le masque ou respecter la distanciation même à l’extérieur", explique à BFMTV Christian Zedet, maire de cette commune d'un peu moins de 4000 âmes.

Dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le taux d'incidence a baissé à 61 cas pour 100.000 habitants, une quinzaine de maires étudient la possibilité de ne plus rendre obligatoire le port du masque.

Division à l'échelle nationale

Ces velléités municipales ne sont d'ailleurs pas réservées au Sud de la France. Ainsi, en Moselle, il n'est plus imposé en extérieur dans les villes de moins de 2500 habitants. Dans les Alpes-Maritimes, cette obligation avait déjà été assouplie sur les plages, le long du littoral et dans les espaces verts.

Mi-mai, la préfecture de Seine-et-Marne avait été forcée de faire marche arrière après avoir annoncé que le masque pourrait être facultatif dans l'ensemble du département dès lors que "les règles de distanciation sont applicables." Pour justifier ce rétropédalage, la préfecture avait expliqué que cette décision avait été annoncée après une "erreur de manipulation", sans donner davantage de précisions.

Peu avant, le ministre de la Santé Olivier Véran avait assuré sur BFMTV que le pays arriverait "bientôt" à un point où le masque ne sera plus obligatoire en extérieur. "Nous ne demanderons pas aux Français de porter le masque une journée de plus que ce qui est nécessaire", avait-il dit, appelant malgré tout les Français à la patience.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV