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Santé

3 femmes sur 4 se disent favorables à une limitation des visites à la maternité

Une femme avec son nouveau-né (ILLUSTRATION).

Une femme avec son nouveau-né (ILLUSTRATION). - LOIC VENANCE © 2019 AFP

La restriction des visites de proches après une naissance en période de Covid a souvent été d'abord ressentie comme une déception pour de nombreuses patientes, avant qu'une majorité y trouve des avantages.

La restriction des visites à la maternité pendant la pandémie de Covid n'a pas été une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Près de trois femmes sur quatre se sont dites satisfaites de la limitation des visites à leur simple conjoint, selon une étude, toujours en cours, menée par l'école des sages-femmes de l'université de Saint-Quentin, dans les Yvelines, rapporte ce vendredi Le Parisien.

Si certains proches se pressent dans les maternités pour découvrir le dernier-né de la famille, ce n'est pas toujours du goût des jeunes mères. 73% des 456 femmes interrogées et ayant séjourné dans cinq maternités françaises entre juin et juillet 2021 ont indiqué être "satisfaites", voire "très satisfaites" de voir les visites dans leur établissement restreintes à leur seul conjoint. Seul regret partagé par la majorité des femmes: la restriction des visites pour les autres membres de la fratrie.

Au début de la pandémie de Covid-19, les visites étaient globalement interdites dans les maternités, à l'exception des conjoints testés négatifs au virus. Actuellement, elles "ne font pas l’objet de procédures nationales et harmonisées", selon l'Ordre des sages-femmes, chaque établissement fixant ses règles individuellement.

"J'ai adoré"

Et si le Covid avait contribué à envisager différemment les premiers jours à la maternité? Alors que certaines femmes ont d'abord accueilli les restrictions avec déception, nombre d'entre elles ont finalement confié y avoir vu de nombreux avantages.

"Les sages-femmes m'ont appris à reconnaître les pleurs de ma fille, à l'allaiter. (...) Ce temps m'a permis de m'inscrire dans la maternité. (...) J'ai adoré", estime Alice, 33 ans, dans les colonnes du journal local.

Entre fatigue, envie d'un tête-à-tête avec son nouveau-né ou encore réticence face à la multiplication des visites, les patientes reconnaissent se sentir fatiguées par la présence parfois envahissante de certains proches.

"D'abord, tu es au trente-sixième dessous et loin de ressembler à Kate Middleton. Et puis les conseils à trois francs six sous de tout le monde, il faut allaiter comme ci et pas comme ça, non merci, je n'en voulais pas", explique Anne-Laure, 31 ans, qui a accouché il y a près d'un an.

Un changement de politique à venir?

Ces résultats ont "surpris" l'enseignante-chercheuse Sarah Louis, à l'origine de l'étude. Elle espère qu'ils permettront de nourrir une réflexion globale sur la gestion des premiers jours de maternité et permettront un changement "des politiques à grande échelle".

Cette évolution serait bienvenue pour Thierry Harvey, chef du service de la maternité des Diaconesses à Paris.

"Foutre la paix aux mamans est le meilleur des services qu'on puisse leur rendre", clame-t-il.

Sans parler uniquement de la circulation du Covid-19 qui se poursuit, le médecin rappelle que les patientes sont épuisées après un accouchement et ont besoin de repos.

"Elles ont besoin d'être dans un cocon, de fabriquer leur famille (...), pas que l'on joue à la poupée en se passant (leur nourrisson) de main en main", estime-t-il.

Les visites dans l'ensemble des établissements de santé restent actuellement soumises à la présentation d'un pass sanitaire.

Juliette Desmonceaux