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Service médical de proximité (SMP) : une solution temporaire mais efficace au désert médical

[CONTENU PARTENAIRE] Depuis 2010, en France, le nombre de médecins généralistes libéraux est en diminution constante.11,6 % de la population réside dans une commune sous-dense en médecins généralistes (7,4 millions de personnes), au sens d’une accessibilité inférieure à 2.5 consultations par an et par habitant, selon l’Observatoire-Place de la Santé de la Mutualité Française. En parallèle, on constate une concentration de plus en plus grande des médecins dans certains territoires, au détriment des autres.

Dans ce contexte de dégradation d’accès spatial aux soins, l'État a décidé de mettre en place un indicateur statistiques pour identifier les déserts médicaux. Cet indicateur appelé APL (Accessibilité Potentielle Localisée) a été introduit par la DREES en 2017. Les déserts médicaux y sont définis selon plusieurs critères. Ils désignent des territoires où les patients doivent parcourir plus d’une dizaine de kilomètres avant de trouver un médecin généraliste, où la première pharmacie est située à plus de 10 minutes de trajet motorisé et le premier établissement de soins d'urgence à plus de 30 minutes de trajet motorisé. On estime aujourd’hui à 0.55 %, le pourcentage de la population française vivant dans un désert médical.

Pour pallier le manque de médecins, certains s’organisent. Comme à Laval, ville classée "territoire fragile" par l'agence régionale de santé (ARS), avec le service médical de proximité (SMP) Henri Dunant. Le principe ? Des médecins séniors reprennent du service avec l’appui d’internes et acceptent de travailler une journée par semaine. Ce centre est géré par VYV 3 Pays de la Loire.

Le cabinet, qui a ouvert ses portes en 2017, regroupe aujourd’hui 12 médecins retraités et 4 internes en fin de formation et accueille 12 000 patients. Malgré leur dévouement, il n’y a parfois plus de place. « Nous sommes douze médecins retraités qui viennent de Mayenne, d'Ille-et-Vilaine et du Maine-et-Loire. Il en faudrait quinze pour que nous puissions instaurer le roulement prévu. À savoir trois ou quatre jours de travail par mois pour chacun », explique Dominique Hérault, médecin coordinateur du service. Parmi les patients, on retrouve des personnes qui n’ont plus de médecin traitant, des personnes en difficultés sociales, des personnes isolées, des migrants qui ne parlent pas toujours français.

Comment expliquer la présence de déserts médicaux dans de nombreuses régions ? « Les déserts médicaux que l’on observe aujourd’hui en France ont plusieurs raisons. Le numerus clausus et la jeune génération qui ne veut pas tout sacrifier à son métier. Gérer un cabinet seul, c’est compliqué et c’est beaucoup de charges. Les jeunes médecins aujourd’hui préfèrent travailler à plusieurs et ne pas avoir seuls la responsabilité d’un cabinet” analyse le Docteur Prel, à la retraite depuis janvier 2020 et qui a rejoint le cabinet il y a plus d'un an.

Pour Naomi Dubois, interne encore pour quelques semaines au SMP de Laval, cette collaboration est riche en enseignement. “Les médecins retraités nous apportent leur expérience. Moi je peux les informer d’une nouvelle recommandation ou d’un nouveau traitement qui vient de sortir. L'écart d’âge est comme un feu d’artifice qui permet de faire plein de choses tous ensemble”.

Ce service, s’il ne règle pas tout le problème des soins de proximité, soulage tout de même beaucoup en proposant une solution transitoire à une situation d’urgence. D’autres communes ont décidé de suivre le pas comme à Chôlet avec l’ouverture d’un SMP en mars 2021.

Ce contenu a été réalisé avec LA MUTUALITE FRANCAISE. La rédaction de BFMTV n'a pas participé à la réalisation de ce contenu.

En partenariat avec La Mutualité Française