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Hôpital public : recherche personnel désespérément

[CONTENU PARTENAIRE] L’hôpital public traverse une vive crise depuis plusieurs années marquée par des fermetures de lits en hausse, un épuisement du personnel et des postes vacants. Avec la pandémie de Covid-19, la situation montre même des signes d’aggravation selon un avis rendu en octobre dernier par le Conseil scientifique qui avance le chiffre de 20% de lits fermés. Depuis 2013, pas moins de 27 000 lits auraient été engloutis un peu partout en France selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée en septembre. Et les 19 milliards d’euros du Ségur de la santé ne semblent pas parvenir à apaiser une situation déjà sous haute tension.

Qu’en est-il sur le terrain ? Margaux de Frouville, cheffe du service santé de BFM TV est allée interroger Cédric Lussiez, directeur général du Groupe Hospitalier Nord-Essonne.

Depuis septembre 2021, ce groupe hospitalier qui comprend trois hôpitaux déplore la fermeture d’une vingtaine de lits de médecine, trois lits de réanimation ainsi que les urgences pédiatriques d’un des sites. Ces fermetures sont le résultat d'une dégradation de l’offre de soins faute de personnel. Parmi les profils recherchés : masseurs kinés, manipulateurs radios, infirmiers mais également aides-soignants. En attendant des mesures concrètes, le personnel en exercice est contraint de multiplier les heures supplémentaires avec les risques de burn-out que cela engendre.

Pour Cédric Lussiez, l’une des explications à la pénurie de personnel est le manque de formation des médecins. Il faudrait former 15 000 médecins par an en France (contre 10 000 actuellement). Pour tenter d’y remédier, le gouvernement a supprimé depuis la rentrée universitaire 2021 le numerus clausus qui fixait, chaque année, le nombre d’étudiants admis en deuxième année de santé. Sa mise en place en 1972 sans réelle évaluation des besoins en santé aurait conduit à un effondrement du nombre de médecins formés avec une diminution de près de 60 % au milieu des années 1990. Il est remplacé par le numerus apertus. Désormais, les universités, en concertation avec les ARS (agences régionales de santé), proposent un nombre de places minimum aux étudiants.

Les effets d’une telle réforme ne seront sans doute visibles que dans 10 ans compte tenu de la durée des études. D’ici là, pour contrecarrer le manque de personnel, le recours aux médecins étrangers se généralise. Selon un chiffre de la Mutualité Française, 10,2% des médecins en exercice en 2021 ont été diplômés à l’étranger.

Comment faire alors pour que l’hôpital public retrouve de l'attractivité ? Cédric Lussiez préconise, outre une réévaluation significative des salaires, de pouvoir garantir au personnel soignant : confiance, sérénité et projection. Cela devra se traduire par des engagements politiques forts. A quelques mois de l’élection présidentielle, la question de la survie de l'hôpital public s’annonce déjà comme un des enjeux majeurs de la campagne.

Ce contenu a été réalisé avec LA MUTUALITE FRANCAISE. La rédaction de BFMTV n'a pas participé à la réalisation de ce contenu.

En partenariat avec La Mutualité Française