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Comment bien renégocier son crédit immobilier ?

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Depuis quelques années, les taux de crédit immobilier connaissent une baisse significative pour se stabiliser autour de 1,5 et 2 %. Cette conjoncture est une aubaine pour les propriétaires qui souhaitent renégocier les modalités de remboursement de leur crédit. Comment renégocier son crédit immobilier ? Voici quelques conseils.

Cet article n'a pas été rédigé par les journalistes de BFMTV.com 

Pour bien renégocier son crédit immobilier, il est nécessaire de réunir plusieurs paramètres qui vous serviront à appuyer votre dossier auprès de votre banque. Tout d’abord, votre situation financière doit être stable. Il est plus facile de renégocier si vous présentez de solides références. Et si votre situation professionnelle s’est améliorée depuis la souscription de votre crédit, mettez-le en avant. Cela jouera en votre faveur.

Ensuite, il faut que les taux de crédit soient bas et en deçà de celui que vous avez contracté initialement. Pour que la renégociation soit intéressante, le taux doit être de 0,70 à 1 % de moins que votre taux initial et sur la même durée d’engagement. Vous devez être également dans le premier tiers de remboursement de votre crédit immobilier. Pour la simple et bonne raison qu’au début de votre prêt, vous remboursez davantage d’intérêts qu’à la fin de celui-ci. Et pour vérifier où vous en êtes dans votre crédit, consultez votre échéancier de remboursement qui détaille la part respective des intérêts et du capital. Enfin, dernier point, le montant du capital restant dû doit être supérieur à 70 000 €.

Si vous réunissez tous ces critères, vous êtes prêt pour rencontrer votre banquier et lui soumettre votre demande de renégociation de crédit.

Avant de prendre rdv avec votre banquier, vous devez rassembler de nombreux documents. Ne faites pas d’impasse, car tout document manquant ne fera que retarder la réponse de votre banque. Votre dossier doit comprendre :

Vos papiers d’identité et ceux justifiant de votre situation familiale Les 3 derniers avis d’imposition Les 3 derniers bulletins de salaire Les relevés bancaires des 3 derniers mois Le justificatif de vos placements ou de votre épargne L’échéancier de votre crédit

Rien n’oblige la banque à accepter votre demande sauf à vous conserver comme client, surtout si vous êtes considéré comme un bon client (qui dispose d’une épargne importante par exemple). Ou si vous lui présentez une offre plus intéressante d’une banque concurrente et qu’elle ne veut pas vous voir partir. Par contre, si votre situation financière s’est dépréciée, il sera difficile de la convaincre. Si la banque accepte votre demande, sachez que le taux appliqué sera sans doute supérieur à celui qu’elle vous aurait accordé si vous aviez souscrit à une nouvelle offre de crédit mais il reste tout de même préférentiel.

Pour estimer les économies que vous pourriez faire, comparer l’offre de la banque avec votre échéancier actuel. Si les mensualités ou la durée de remboursement sont inférieures, alors vous avez tout intérêt à accepter la proposition de votre banque. Ensuite, c’est à vous de choisir si vous préférez garder les mêmes mensualités et réduire ainsi la durée de votre prêt ; ou si vous préférez garder la même durée de remboursement, mais baisser le montant des mensualités et ainsi augmenter votre pouvoir d’achat.

La banque rédigera un nouveau contrat ou un avenant qu’elle intégrera à votre dossier initial. Pour cet acte, elle est susceptible de vous demander des frais de dossier. Selon les banques, ils peuvent aller de 500 à 1 000 €. N’hésitez pas à négocier avec votre conseiller pour diminuer voire supprimer ces frais.

Dans le cas où votre banque refuse de renégocier votre crédit immobilier, orientez-vous vers le rachat de votre crédit en sollicant une autre banque. Munis de tous les documents nécessaires, faites le tour des établissements bancaires, mais cette démarche est plutôt longue et fastidieuse. La solution de facilité est de faire appel à un courtier en rachat de crédit. Passer par un courtier est une démarche gratuite. Celui-ci se rémunère uniquement si un contrat de rachat de crédit est signé. Il prélève une commission de 1 à 5 % sur le montant du nouveau crédit immobilier que vous aurez obtenu. Par ailleurs, d’autres frais vont s’ajouter et dont vous êtes redevables.

Il y a tout d’abord les frais d’indemnités de remboursement anticipé (IRA) pour solder le crédit immobilier de votre ancienne banque. Ils correspondent à 3 % du capital restant dû, plafonné à 6 mois d’intérêts. Vous avez ensuite les frais de garantie comme les frais d’hypothèque estimés à environ 2 % du crédit ou les frais de cautionnement d’un organisme spécialisé qui varient entre 2 et 3 % du montant emprunté. Votre nouvelle banque vous demandera également des frais de dossier. Et là aussi ils oscillent entre 500 et 1 000 €. 

Renégocier ou se faire racheter son crédit immobilier est également l’occasion de changer d’assurance pour économiser davantage d’argent. Lorsque vous avez souscrit votre prêt, il était obligatoire de souscrire une assurance auprès de votre banque. Le montant était calculé selon un pourcentage sur le capital emprunté. Désormais, il est possible de souscrire une assurance auprès d’un organisme extérieur. Et le calcul se fait sur le montant du capital restant dû. Vu que vous avez déjà remboursé une partie du capital emprunté, le prix de l’assurance sera forcément plus avantageux.

Vous avez désormais toutes les clés en main pour que votre banque accepte de renégocier votre crédit immobilier. Mais même si cette démarche n’aboutit pas, le rachat de crédit est aussi une autre solution pour bénéficier de taux de crédit intéressants et ainsi faire des économies.

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