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Woerth affirme que rien n'est encore décidé

Les informations selon lesquelles Nicolas Sarkozy réfléchirait à porter l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030 pour redresser les comptes des retraites "ne reposent sur rien", a déclaré lundi le ministre du Travail E

Les informations selon lesquelles Nicolas Sarkozy réfléchirait à porter l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030 pour redresser les comptes des retraites "ne reposent sur rien", a déclaré lundi le ministre du Travail E - -

Les informations selon lesquelles Nicolas Sarkozy réfléchirait à porter l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63...

PARIS (Reuters) - L'exécutif français dément avoir décidé de relever de trois ans l'âge légal de la retraite, comme l'écrit le journal Le Monde.

Ces informations sont "absurdes" et "ne reposent sur rien", ont fait savoir l'Elysée et le ministre du Travail, Eric Woerth.

Citant des "sources concordantes", Le Monde croit savoir que le président Nicolas Sarkozy envisagerait de proposer de porter l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030.

L'objectif de cette mesure serait d'équilibrer les régimes de retraites dont les déficits s'accentuent.

En France, l'âge légal de la retraite est de 60 ans depuis 1983 mais l'âge moyen de liquidation des droits à la retraite est de 61,5 ans.

La présidence de la République a qualifié les informations du Monde d'"absurdes". "Il n'y a pas de piste privilégiée pour l'instant et encore moins de décision de prise", a fait savoir l'entourage du chef de l'Etat.

Eric Woerth a insisté sur les consultations en cours avec les partenaires sociaux et les partis politiques. Il a reçu lundi matin le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

"On est dans une phase de concertation qui va durer très longtemps, donc il faut s'habituer à des informations de cette nature. Mais ce sont des informations qui ne reposent sur rien", a déclaré le ministre du Travail à des journalistes, à l'issue d'un comité interministériel sur les investissements.

"Il n'y aucune décision aujourd'hui prise par le président de la République ou le Premier ministre concernant les retraites", a-t-il ajouté.

Le gouvernement, a-t-il précisé, présentera d'ici à la mi-mai un document d'orientation et maintient l'objectif de la présentation d'un projet de loi au Parlement en septembre.

PAS D'ALIGNEMENT PUBLIC-PRIVÉ

Dans son édition datée de mardi, Le Monde précise toutefois que "officiellement, rien n'est arrêté" pour cette réforme dont Nicolas Sarkozy a fait sa priorité en 2010.

S'il était décidé de ne pas toucher à l'âge légal de départ à la retraite, "l'idée serait de vider la barrière des 60 ans de sa substance", écrit le quotidien.

Soit en renforçant la réforme Fillon de 2003, en exigeant encore plus de trimestres de cotisation pour une pension complète, soit en instituant une décote dissuasive pour ceux qui choisiraient de partir en retraite avant 61, 62, puis 63 ans.

Un salarié qui n'a pas suffisamment cotisé à l'heure actuelle subit une décote de sa pension de retraite.

Par ailleurs, l'alignement du mode de calcul des retraites du public sur celui du privé, en prenant en compte non plus les six derniers mois de traitement hors primes mais les 25 meilleures années de salaire, est très improbable, ajoute le journal.

Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'est refusé à commenter ces informations, se contentant de déclarer qu'il faudrait bien à l'avenir "travailler plus longtemps", de même que le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé.

L'UMP formulera des propositions le 25 mai à l'occasion d'une convention.

Pour Danièle Karniewicz, présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse, "la vraie question" de la réforme à venir consiste à offrir un niveau de vie décent aux retraités.

"Pour y arriver il faudra des recettes mais il faudra sans doute jouer aussi sur la durée d'activité, c'est ça la franchise", a-t-elle déclaré sur RTL.

La faible mobilisation du 1er-Mai au nom de la défense de la retraite à 60 ans a conforté le gouvernement, mais ce dernier refuse d'en tirer gloire et veut avancer prudemment dans la concertation.

Envisager de repousser de trois ans l'âge légal est une "drôle de manière de célébrer le 1er-Mai", a ironisé le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon.

"Rien ne serait pire que le statu quo", a-t-il cependant fait valoir devant la presse, exhortant le gouvernement au "mouvement", en particulier sur la recherche de nouvelles recettes.

La semaine dernière, le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, avait prévenu que la possibilité laissée à chaque salarié de partir à la retraite à 60 ans était un "point dur" sur lequel le PS ne transigerait pas.

Service France, édité par Gilles Trequesser