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"Vous vous trompez, monsieur Macron": le président vivement interpellé sur les retraites à Pau

Lors d'une visite à Pau ce mardi, Emmanuel Macron a été pris à partie par un professeur, lui réclamant le retrait du projet de réforme des retraites. "Je ne vais pas tout arrêter parce que vous poussez des hurlements", a rétorqué le président.

En visite à Pau ce mardi sur le thème de l'écologie, Emmanuel Macron a eu un échange, pour le moins houleux, sur la réforme des retraites avec un professeur de maths. Ce dernier l'a vivement interpellé en lui réclamant d'abandonner le projet, obligeant le président à monter le ton. 

"Vous patachonnez dans la tête"

Au palais Beaumont, où se tenait une table ronde sur l'écologie dans les territoires, le chef d'État a été pris à partie par un homme, qui se présente auprès de Sud-Ouest comme Pierre Coste, un enseignant au collège de Morlaàs (Pyrénées-Atlantiques). Ce dernier est également conseiller municipal, et membre du syndicat SNES-FSU:

"- Ne donnez pas de légion d'honneur à BlackRock, ce n'est pas exemplaire, lui a lancé l'enseignant, en faisant allusion à la décoration récemment attribuée à Jean-François Cirelli, patron de la branche française du puissant fonds américain.
- Vous mélangez tout, vous patachonnez dans la tête, lui a reproché Emmanuel Macron. - Non, la réforme des retraites est un cadeau pour tous ces gens-là, car les gens seront obligés de prendre des (retraites) à côté, regardez les enseignants", a poursuivi le professeur. - C'est faux, a contesté le président.

L'enseignant a poursuivi la discussion :

- Moi ça fait 30 ans que je travaille, jamais autant d'ailleurs... - D'accord, c'est une situation qui n'est pas facile. Ce que je veux simplement dire, c'est que cette réforme, très sincèrement, je pense qu'elle est bonne pour le pays. - Non, vous vous trompez monsieur Macron. - Je vais continuer à l'expliquer. (...) On se respecte. - Tout à fait, lui répond Pierre Coste. - Quand moi je viens vous voir, et que vous m'interpellez en me disant qu'il faut tout arrêter. Je ne vais pas tout arrêter parce que vous poussez des hurlements, a rétorqué, sèchement, Emmanuel Macron.

"Je ne suis pas l'ami du président"

L'échange, sur un ton vif, s'est prolongé avant de finalement se conclure par une poignée de main. À la suite du différend, Pierre Coste a expliqué au quotidien régional avoir voulu "attirer l'attention d'Emmanuel Macron":

"Il m'a dit que les enseignants allaient être les grands bénéficiaires de cette réforme des retraites... Je ne le crois pas un instant. Les dix milliards annoncés par monsieur Blanquer ont déjà été remis en cause dès hier, puisqu'il n'a promis que 500 millions pour cette année", s'indigne l'enseignant, avant d'ajouter:
"Nous, ce qui nous intéresse, c'est surtout nos conditions de travail. On n'a pas choisi ce métier pour nos salaires."

L'enseignant a invité le chef de l'État "à venir voir" les conditions dans lesquelles lui et ses collègues travaillent. "Il m'a appelé mon ami, moi je ne suis pas l'ami du président", a-t-il tenu à faire savoir à Sud-Ouest.

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Emmanuel Macron

Esther Paolini avec AFP