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Violences conjugales: Mélenchon accuse Belloubet de "protéger l'inaction" face aux féminicides

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon dénonce l'inaction de Nicole Belloubet en matière de lutte contre les féminicides

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon dénonce l'inaction de Nicole Belloubet en matière de lutte contre les féminicides - Thomas Samson - AFP

Le leader de La France insoumise estime que la ministre de la Justice a "aggravé la situation d’invisibilisation de ces meurtres et la négligence désinvolte à l’égard des femmes concernées".

Il y a une semaine, Nicole Belloubet dévoilait un rapport de l'Inspection générale de la justice sur les violences conjugales. Parmi les nombreuses conclusions - accablantes - du document, une donnée a particulièrement retenu l'attention: dans 65% des cas d'homicides et de violences conjugales, la justice ou la police avaient été saisies au préalable.

Un rapport qui "met le doigt sur les difficultés et les dysfonctionnements" du système judiciaire, selon la ministre de la justice, qui a elle-même estimé que la chaîne pénale n'était pas "satisfaisante".

Au lendemain de la marche contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, Jean-Luc Mélenchon s'en est pris à la Garde des Sceaux sur la base de ce rapport. L'insoumis a accusé ce dimanche sur son blog Nicole Belloubet d'avoir "aggravé la situation d’invisibilisation de ces meurtres et la négligence désinvolte à l’égard des femmes concernées".

"Les deux-tiers des victimes avaient déjà subi des violences avant d’être assassinées. Et dans 65% des cas, ces violences avaient été bel et bien signalées à la police. Mais dans 80% des cas, les parquets ont classé le signalement sans suite. Souvenons-nous que les parquets appliquent les consignes de ministres de la Justice données par circulaire. Ils ont donc appliqué des consignes désinvoltes. Et cela dans l’ambiance générale de laisser aller qui règne dans le ministère depuis que Belloubet l’a en charge", écrit le leader de La France insoumise.

Belloubet "indifférente aux situations de détresse"

Jean-Luc Mélenchon pointe également du doigt le fait qu'il "n’y a eu qu’un seul cas de garde à vue et une seule ordonnance de protection prononcée pour l’ensemble des cas retenus par l’inspection générale dans son rapport", soit 88 dossiers. "Tout le monde fait semblant d’agir, mais tout le monde s’en fout! L’incurie règne et la ministre couvre", écrit-il.

"Une telle situation montre la responsabilité de Nicole Belloubet dans le laxisme et la légèreté des directives pour traiter les cas de violences conjugales. Son indifférence aux situations de détresse et de souffrances, caractéristique socialement, rencontre un milieu propice dans la négation de la parole des femmes", ajoute-t-il, avant d'assurer que la ministre couvre, selon lui, son administration.

Une justice à deux vitesses?

Le leader de La France insoumise en profite pour lâcher que la justice "fonctionne à plein régime pour accomplir les tâches de répression politique du régime, comme condamner 3000 gilets jaunes", mais "au ralenti pour tous les autres". Une "mobilisation de l’appareil judiciaire par Belloubet" qui vise selon lui à "punir en priorité les opposants de Macron" alors que "les moyens manquent" pour lutter contre les violences faites aux femmes.

À noter que si Jean-Luc Mélenchon attaque en partie Nicole Belloubet sur les conclusions du rapport de l'Inspection générale de la justice sur les violences conjugales, ce dernier a été dressé à partir de l'examen de dossiers d'homicides conjugaux et de tentatives d'homicides commis en 2015 et 2016. Or, Nicole Belloubet n'est devenue Garde des Sceaux qu'en 2017, après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Juliette Mitoyen