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Villepin: "Avec Tsipras, on a la chance d'avoir un jeune Premier ministre indépendant"

L'ancien Premier ministre appelle sur BFMTV et RMC à faire preuve d'"'imagination" pour régler la crise grecque. Et se dit "affligé" par "l'aveuglement" des démocraties européennes.

Pour Dominique de Villepin, en pleine crise grecque l'Europe "a la chance d'avoir un jeune Premier ministre grec et indépendant" en la personne d'Alexis Tsipras. Sur BFMTV, l'ancien Premier ministre estime qu'Alexis Tsipras est "crédible aux yeux d'une large partie de la population grecque", et "peut engager son pays à la table des négociations" au sommet européen. Un nouveau sommet doit avoir lieu mardi.

Et de rappeler qu'auparavant les dirigeants grecs, comme Costas Simitis ou Géorgios Papandréou, "étaient vus comme très lointains par la population. Alexis Tsipras lui a une légitimité à partir de laquelle on peut faire quelque chose. La Grèce retrouve sa fierté".

"Je suis affligé par l'aveuglement européen"

"Nous avons un devoir de réussite vis-à-vis de la Grèce et de nous même", poursuit Dominique de Villepin. "Il y a longtemps que l'Europe n'a pas été fière de réussir quelque chose." Pour lui, "il faut de l'imagination" pour régler la crise financière européenne: l'une des solutions commencerait par "la restructuration de la dette, voire une remise de dette. C'est aussi inventer un nouveau mécanisme: faisons en sorte que les remboursements grecs aillent en priorité à l'investissement grec".

"Je suis affligé par l'aveuglement européen", dit-il encore. "Prendre le risque de renvoyer la Grèce à l'instabilité des Balkans, à la poudrière du Moyen-Orient et à la fragilité du Maghreb... L'Europe a besoin de se stabiliser à ses frontières. Nous sommes incapables d'inventer un grand projet. Nous ne sommes pas de vraies démocraties, alors arrêtons de donner des leçons aux autres: nous sommes devenus des démocraties médiatiques. Aujourd'hui nos dirigeants parlent pour les micros et les caméras: mais ils ont oublié les peuples ".

A. K.