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Valls n’aura pas de mal à faire mieux que Ayrault

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25.

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le nouveau 1er ministre prononce ce mardi sa déclaration de politique générale, qui sera suivie d’un vote de confiance. Malgré les tensions dans la majorité, Hervé Gattegno n'a aucun doute pas du résultat.

La majorité du PS à l’Assemblée est étroite mais c’est une majorité. Il y aura des défections dans ses rangs, mais les radicaux seront là, sans doute quelques écologistes et ce sera suffisant. Le vrai enjeu, c’est le signal politique donné par M. Valls – à sa majorité et aux Français. Sur le fond, il doit préciser ce qui reste flou : le contenu du pacte de responsabilité, les 50 milliards d’économies et l’inflexion sociale annoncée. Sur la forme, il doit montrer de l’autorité et du dynamisme. Dans le même exercice, Ayrault avait endormi tout le monde. M. Valls ne peut pas être moins convaincant. Il recueillera peut-être moins de voix, mais sa voix à lui va porter davantage.

Depuis une semaine, tout est fait pour montrer que le premier ministre est inquiet, qu'il consulte ses alliés, qu'il écoute sa majorité. C'est de la mise en scène ?

M. Valls n’est pas du genre à négliger les détails – son équipe a du faire le nécessaire pour s’assurer du vote. Donc il y a une part de théâtre, aussi bien à Matignon, où on surjoue la vigilance, mais aussi chez les députés de l’aile gauche, qui ont largement exagéré leurs réticences. Le paradoxe de M. Valls, c’est qu’il a une image de social-libéral mais qu’avec lui, l’aile gauche du PS est plus forte : parce qu’il a des accords avec A. Montebourg et B. Hamon, qu’il a gardé C. Taubira, qu’il a une pensée politique plus souple que JM Ayrault. M. Valls est plus à droite que JM Ayrault, mais il est surtout plus adroit.

M. Valls est tout de même censé remettre de la cohésion dans le travail gouvernemental : est-ce que les visites parallèles de M. Sapin et A. Montebourg à Berlin, hier, ont montré le bon exemple ?

Au risque de surprendre, oui. Ni F. Hollande ni M. Valls n’ont pensé, en nommant ces deux hommes fort différents à Bercy, qu’ils seraient interchangeables. En fait, ils personnifient les 2 lignes qui coexistent au sein de la majorité et, de ce point de vue, ce qu’ils ont dit l’un et l’autre à Berlin hier est la vérité. Oui, la France doit maîtriser ses déficits (Sapin). Non, l’austérité ne doit pas empêcher la croissance si on veut recréer des emplois (Montebourg). Ils sont là pour envoyer les deux messages : Sapin à l’Europe, Montebourg aux Français. Pour Valls, l’objectif n’est pas de mettre tous les ministres à l’unisson ; c’est de passer de la cacophonie à la polyphonie.

On a prêté à F. Hollande ce conseil à propos de son premier ministre : « Valls doit faire du Valls. » Que veut-il dire ?

Plusieurs choses à la fois, comme souvent avec F. Hollande. Que M. Valls doit se montrer tranchant et entraînant (il était bien sage, la semaine dernière sur TF1). Qu’il doit bousculer la gauche, l’entraîner sur une ligne (sociale-libérale) qui correspond à ce qu’il défend lui depuis longtemps. A cette condition, on pourra dire que Valls a fait du Valls : du réformisme sans concession. Jusqu’ici, F. Hollande avait demandé à Ayrault de faire du Ayrault : de l’autoritarisme sans inspiration. Le vrai problème est de savoir si Hollande continue à faire du Hollande : du contorsionnisme sans clarification.

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Hervé Gattegno