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Valls demande de ne pas être "naïfs" face à l'islamisme

L'ancien Premier ministre Manuel Valls à Paris le 30 septembre 2019 pour les funérailles de Jacques Chirac

L'ancien Premier ministre Manuel Valls à Paris le 30 septembre 2019 pour les funérailles de Jacques Chirac - ERIC FEFERBERG © 2019 AFP

Selon l'ex-Premier ministre français, avec le séparatisme, "le vrai sujet, c'est la bataille contre l'islamisme, l'islam politique, les Frères musulmans et les salafistes".

Manuel Valls salue dans une interview au Journal du Dimanche le futur projet de loi contre les "séparatismes", notamment islamiste, prévu pour cet automne, et met en garde au passage contre une forme de naïveté face à l'islamisme.

"Il faut évidemment lutter contre tous les séparatismes, à condition de bien les nommer, mais ne soyons pas naïfs : le vrai sujet, c'est la bataille contre l'islamisme, l'islam politique, les Frères musulmans et les salafistes. Il faut reprendre en main les territoires perdus de la République", explique au JDD l'ancien Premier ministre PS.

"Aider les musulmans de France"

"Il y a toujours cette crainte de stigmatiser, entre guillemets, une partie de la population française. Mais il y a aussi, souvent, de la naïveté face à la progression de l'islam politique, face aux dérives du communautarisme, face à l'aveuglement de l'Éducation nationale", assure Manuel Valls, qui appelle à "aider les musulmans de France, car la bataille est aussi celle de l'islam contre l'islamisme."

Manuel Valls juge le président Emmanuel Macron "aujourd'hui loin de ce discours libéral-libertaire, une forme de culture du déni et de la recherche d'excuses (...) Les Marcheurs ont cru que, par leur seule élection, la société française s'apaiserait. Le retour à la réalité a été brutal et cruel."

Pour l'ex-chef de gouvernement de François Hollande, "quand il est question de défendre la République et la laïcité, les notions de droite et de gauche ne veulent pas dire grand-chose."

"Les grandes associations d'éducation populaire, notamment à gauche, ont failli"

Et selon lui, la "première urgence" est la "remobilisation du camp républicain et laïque", car "les grandes associations d'éducation populaire, notamment à gauche, ont failli : la Ligue de l'enseignement, la Ligue des droits de l'homme... Seule la Licra a sauvé l'honneur. Il faut remobiliser la société à travers les partis, les syndicats, les associations, les think tanks, autour de la République et de la laïcité."

"J'espère que cette nouvelle loi ne sera pas reportée, qu'il n'y aura pas de renoncement", insiste-t-il : "Ce serait un très mauvais signe."

S. V. avec AFP