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Vacances d'hiver: après l'exemple de Noël, le gouvernement mise sur la responsabilité des Français

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - François Mori - AFP

Alors qu'une partie de l'Europe se reconfine, le gouvernement a choisi de ne pas reconfiner ni d'imposer de restrictions de circulation pour les vacances d'hiver. Un pari risqué, dont les résultats vont dépendre de la responsabilité des Français.

Le gouvernement multiplie les appels à la prudence ces derniers jours, à l'approche des vacances d'hiver, alors qu'il a choisi de temporiser, dans l'espoir de ne pas avoir à reconfiner la population. Partir en février reste possible, notamment à la montagne même si les remontées mécaniques ne rouvriront pas. Ce pari du statu quo est jugé très risqué par l'opposition ou par certains scientifiques, à l'heure où une partie de l'Europe reste confinée face au risque de propagation des variants.

La France est sur une ligne de crête. La propagation du virus ne faiblit pas et se maintient même à un niveau certes stable, mais élevé. Ce mercredi, 26.362 nouveaux cas d'infections au Covid-19 et 357 morts ont encore été enregistrés sur le territoire en 24 heures. Le nombre d'hospitalisations et d'admissions en réanimation, lui, était toujours en légère hausse.

L'exécutif parie sur la responsabilité des Français

Pour éviter toute flambée épidémique, l'exécutif a donc choisi d'insister sur le rôle central des Français dans la lutte contre le virus. Car le gouvernement fait ce pari avec un tête un exemple: celui des vacances de Noël, qui se sont déroulées "sans flambée épidémique grâce au comportement responsable" des Français, comme l'avait rappellé Jean Castex lors d'une conférence de presse mi-janvier. "Notre stratégie a été la bonne", s'était-il félicité, rappellant à quel point l'épidémie était "l'affaire de tous et de chacun".

Devant les ministres lors du Conseil des ministres ce mercredi matin, Emmanuel Macron a appelé à faire "attention aux échanges intra-familiaux et aux grands brassages", trois jours avant le début des vacances pour la zone A.

Il a aussi répété l'importance des gestes barrières, tout en maintenant qu'aucune limitation de déplacements entre les régions ne serait mise en place. Concrètement, il n'y a donc "à date, pas de restriction" pour se rendre dans d'autres régions ou même dans les stations de ski: si le ski alpin est proscrit etles remontées mécaniques fermées, d'autres activités comme les raquettes, la luge, le ski de fond restent possibles.

La veille, le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne avait lui aussi confirmé sur BFMTV que les Français pourraient partir en vacances, sauf en cas d'envolée des indicateurs, tout en appelant à la responsabilité de chacun.

"Si à un moment, on voit que les indicateurs s'affolent et que des mesures doivent être prises, on tiendra compte que des gens devront revenir de vacances." Toutefois, le gouvernement assure être "dans un pilotage quotidien et hebdomadaire permanent" de la situation sanitaire et les indicateurs "vont dicter la suite", a souligné le secrétaire d'État.

Les vacances, un frein à la circulation du virus?

Un message répété ce mercredi par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, peu après le Conseil de défense. "On a fait le choix de tout faire pour éviter un reconfinement. La contrepartie (...) c'est évidemment que les règles actuelles, et notamment le couvre-feu à 18 heures, soient pleinement respectées. La situation est entre nos mains, le confinement n'est pas une fatalité. Ce sont nos efforts collectifs qui nous permettront de l'éviter", a-t-il aussi lors de sa conférence de presse.

Une source au sein de l'exécutif confiait même ce mercredi qu'elle voyait les vacances d'hiver comme un facteur positif pour freiner la propagation du virus. Car la période implique une baisse des brassages dans les écoles, et cela pourrait être un moyen de limiter les contaminations au sein des foyers.

"On a vu que les vacances avaient eu un effet bénéfique à la Toussaint", rappelait mardi matin sur notre antenne l'épidémiologiste Pascal Crépey, enseignant-chercheur à l'École des hautes études en santé publique de Rennes. Selon lui, la décision de ne pas reconfiner pour l'instant est "une prise de risque qui, je l'espère, va marcher", a-t-il ajouté, redoutant que "les mesures actuelles ne soient pas suffisantes".

Faire respecter les consignes bien appliquées à Noël

Le gouvernement espère donc que l'Histoire se répète. Emmanuel Macron l'a encore répété mardi soir sur LCI, les Français vont devoir rester "extraordinairement responsables (...) comme ils le sont depuis plusieurs semaines", car la situation sanitaire va dépendre de notre capacité à tenir les gestes barrières et à respecter le triptyque 'tester, accompagner protéger'".

"On va essayer d'utiliser la période des vacances scolaires pour essayer de freiner encore un peu plus la diffusion de ce virus, faire baisser ce taux d'incidence et faire passer les consignes bien appliquées à Noël, puisqu'il n'y a pas eu d'augmentation observée", explique ce mardi le professeur lyonnais et membre du Conseil scientifique Bruno Lina à l'antenne de BFM Lyon. "Faisons des dîners avec peu de monde, des réunions avec des dépistages avant et tout ira bien".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV