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Un député UMP tue sa compagne et se suicide : témoignages

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Jean-Marie Demange, député UMP de Moselle, a tué ce lundi sa compagne avant de se suicider. Un témoin de la scène raconte, un collègue se souvient.

Jean-Marie Demange, 65 ans, député UMP de Moselle, s'est suicidé ce lundi après avoir tué sa compagne. Lors des dernières municipales il avait perdu la mairie de Thionville, qu'il occupait depuis 1995, et sa compagne menaçait de le quitter. Ce matin, sur RMC, René Rio témoignait. En effet, il habite dans l'immeuble en face de la maison de la compagne de Jean-Marie Demange et a assisté à la scène : « Il était entre 11h35 et 11h40, et j'ai entendu crier. Je sortais sur mon balcon pour éplucher une pomme de terre et j'ai entendu crier en face de moi, à 50 mètres sur le deuxième balcon. »

« Elle m'a dit d'appeler la police »

« C'est là que j'ai vu Mr Demange tirer la bonne femme par les pieds, la secouer dehors et essayer de la tirer vers l'intérieur de nouveau. Elle criait "Au secours !", moi je lui ai crié dessus, j'ai dit "Arrêtez vos conneries ! Ça va pas non !". Elle m'a dit "Appelez la police" et je lui ai dit "Mais madame, c'est déjà fait" et la seule chose qu'elle m'a dit c'est "Merci monsieur". Ensuite, ça s'est envenimé, il a réussi à la tirer à l'intérieur. Elle a réussi à ressortir et à jeter un pardessus couleur kaki. Je suppose qu'elle pensait qu'il y avait l'arme dedans. Il essayait de lui arracher le manteau, mais il avait déjà pris l'arme. Elle a jeté le pardessus, il l'a de nouveau tabassée. Il a sorti son arme et il y a eu un coup de feu. Elle était par terre, le monsieur a regardé vers nous et il s'est mis l'arme à la tempe. Mais il n'a pas tiré, il s'est reculé dans la maison et j'ai entendu "Pan !", et un gros bruit sourd comme si quelqu'un tombait. Après, plus rien. »

Son échec surprise, une remise en cause personnelle

François Grosdidier, lui aussi député UMP de Moselle, connaissait bien Jean-Marie Demange. Il est revenu sur le suicide de son collègue, affecté par la perte de sa mairie : « Il l'avait vécue très douloureusement. Quand on perd une ville, c'est plus difficile que perdre un autre mandat parce qu'on met beaucoup d'affect dans la gestion municipale, plus que dans un mandat parlementaire ou de conseiller général. En plus, il avait complètement métamorphosé cette ville, qui était une ville très triste, il en avait fait une ville rayonnante. Il avait un bon bilan. La ville en plus avait voté à droite aux présidentielles et aux législatives, donc cet échec surprise, il le vivait comme une remise en cause personnelle. Lui qui était d'habitude si débordant d'énergie, on le voyait complètement éteint et dans un état de dépression depuis les élections municipales.
Je l'ai vu mardi dernier encore, on avait dit "Tiens, faut qu'on bouffe ensemble". Je le connaissais depuis très longtemps, bien avant qu'il ne soit élu, parce qu'on était très liés par son père. Je le voyais se raccrocher à la vie publique, donc à la vie tout court, et je me disais que ça allait un peu mieux. Personne ne comprend ce coup de folie. »

La rédaction-Bourdin & Co