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Un chargé de mission d'Édouard Philippe accusé d'avoir été membre d'un parti néofasciste en Italie

Sandro Gozi en mai 2006 à Paris.

Sandro Gozi en mai 2006 à Paris. - OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

Sandro Gozi, chargé de mission à Matignon auprès du Premier ministre, est accusé par la presse italienne d'avoir appartenu à un mouvement politique néofasciste transalpin lorsqu'il était plus jeune.

La presse italienne affirme qu'un chargé de mission du Premier ministre Édouard Philippe a été membre d'un parti néofasciste italien pendant sa jeunesse, à la fin des années 1980.

Sandro Gozi, ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes du gouvernement Matteo Renzi (parti Démocrate de centre-gauche), est pointé du doigt par la presse italienne. Cet Italien de 51 ans a rejoint le cabinet d'Édouard Philippe à Matignon en août dernier, en tant que chargé de mission aux affaires européennes. Mais il a également été membre de la liste de Nathalie Loiseau aux dernières élections européennes.

La presse transalpine souligne qu'il a été membre du Fronte della Gioventù (Front de la jeunesse, en français, la section jeunesse du parti néo-fasciste MSI, pour "Mouvement social italien", dans les années 1970. Fondé après la Seconde Guerre Mondiale, ce mouvement est notamment celui qui a inspiré la flamme pour le logo du FN français. 

"Un acte de rébellion d'adolescence"

Le journal italien d'extrême-droite Il Primato Nazionale a retrouvé un cliché daté du 9 juin 1987 sur lequel on peut apercevoir Sandro Gozi, âgé 19 ans, aux côtés d'autres membres du Front de la jeunesse. Parmi eux se trouve notamment Giorgio Almirante, le fondateur historique du parti.

Sandro Gozi, contacté par nos confrères du Point, déplore une "polémique ridicule" et plaide l'erreur de jeunesse. Mais le conseiller d'Édouard Philippe ne nie pas ce "passage de (sa) vie (...) bien connu depuis longtemps à Cesena et dans la région". Il justifie cette période en expliquant avoir été proche d'un secrétaire local du Fronte della Gioventù à l'époque. 

"À l'âge de 16 ans, comme un acte de rébellion d'adolescence, dans une ville et une région depuis toujours communistes et dans une famille de la démocratie chrétienne (au pouvoir dans le pays à cette époque) je me suis rapproché du Fronte della Gioventù", se défend-t-il auprès de l'hebdomadaire.

"Ce n'était pas ma voie"

"J'ai mis peu de temps à comprendre que ce n'était pas ma voie. À partir de 1987/1988 (soit lorsqu'il avait 19/20 ans, ndlr), cet engament a diminué", soutient encore Sandro Gozi. "Je n'ai aucun autre souvenir d'action menée dans les années suivantes. Il est fort probable qu'il y ait eu renouvellement automatique de l'adhésion pour quelques années, comme cela se faisait toujours à l'époque", développe-t-il auprès du Point.
"Il me semble que d'autres responsables politiques, étant jeunes, ont fait des choix qui ont changé au cours de leur vie", défend-t-il encore auprès de l'agence de presse italienne Adnkronos.

Situé en 22e position sur la liste de Nathalie Loiseau pour les européennes, il devrait siéger au Parlement européen au départ des députés britanniques. Mais en attendant ce poste, l'Italien est actuellement chargé de mission aux affaires européennes, soit en charge des relations avec le Parlement européen. Une nomination que Luigi Di Maio, le chef du Mouvement 5 Étoiles (parti antisystème italien), avait déplorée, évoquant une "trahison".

En mai dernier, l'ancienne ministre des Affaires étrangères et tête de liste LaREM aux Européennes Nathalie Loiseau, avait elle aussi été épinglée pour s'être présentée sur une liste de l'Union des droites de Sciences Po lorsqu'elle y était étudiante en 1984. Or le syndicat étudiant est réputé pour avoir été proche de la mouvance néofasciste. "Une vraie connerie", avait-t-elle fini par concéder à la veille des élections européennes. 

Jeanne Bulant