BFMTV

Un avocat poursuivi pour diffamation envers Rachida Dati

-

- - -

Un avocat est poursuivi pour diffamation envers la ministre de la Justice Rachida Dati, après avoir évoqué l’affaire de son prétendu faux diplôme.

Georges-André Hoarau, bâtonnier de Saint Pierre de la Réunion, comparaîtra à la demande du parquet le 25 septembre au tribunal correctionnel de Saint Pierre après avoir fait allusion dans une plaidoirie de défense aux diplômes de la ministre de la Justice. Il avait déclaré le 15 mai 2008 : « Un procès qui n'aura jamais lieu, c'est celui de notre grand chef à tous, madame Rachida Dati qui utilise un faux, un MBA », faisant allusion au MBA européen du groupe HEC-ISA que Rachida Dati avait indiqué sur son CV pour intégrer l'Ecole Nationale de la Magistrature. L'Express avait en effet affirmé que Rachida Dati avait présenté un faux MBA, ce que la ministre a réfuté.

L'avocat Georges-André Hoarau défendait alors un client accusé d'avoir produit des faux documents devant la Caisse d'Allocations Familiales. Et aujourd'hui, il ne comprend pas les poursuites pour diffamation à son encontre : « Cette procédure pour moi est nulle, et en tout état de cause elle est non fondée. L'article 41 de la loi de 1881 donne aux parlementaires et aux avocats une immunité totale à l'occasion de l'exercice de leur ministère, d'autant que j'étais en parfaite harmonie : je parlais de quelqu'un qui a fait usage d'un faux et j'ai fait état du faux qu'elle avait utilisé. Ce que j'ai dit n'était pas étranger au fait de la cause que je défendais, donc l'immunité m'est acquise et je souhaite que ce procès aille jusqu'au bout parce qu'il faut aujourd'hui rappeler les principes de notre profession. S'ils existent toujours, qu'on les rappelle dans le jugement à venir, et s'ils n'existent plus, il faudra définir les nouveaux principes qui seront les nôtres. J'estime que le devoir de l'avocat, c'est de déplaire aux puissants quand l'occasion s'y prête. Il y a la séparation des pouvoirs, si un avocat aujourd'hui n'est plus un contre pouvoir, où va-t-on ? République bananière, vichysation du pouvoir ? Je conteste cela, je suis un homme libre et je le resterai jusqu'au bout ».

Il peut compter sur le soutien de la profession. En effet, la conférence des bâtonniers estime que ces poursuites vont à l'encontre de l'indépendance de l'avocat, comme l'explique son président Pascal Eydoux : « La façon d'exprimer un moyen de défense relève de la responsabilité de l'avocat. Le sujet c'est : est-ce que oui ou non un avocat, dans l'exercice de défense qui est le sien, doit bénéficier d'une liberté absolue ? La réponse est évidemment oui, c'est d'ailleurs ce que la loi prévoit ».

La rédaction et Aurélia Manoli