BFMTV

UMP : règlements de compte en série

A 7h25, tous les jours, retrouvez Véronique Jacquier pour sa chronique RMC politique

A 7h25, tous les jours, retrouvez Véronique Jacquier pour sa chronique RMC politique - -

Bernard Accoyer tacle Morano, l'ambiance à l'UMP n'est pas au beau fixe, comme l'analyse Véronique Jacquier.

L'UMP Bernard Accoyer, ex-président de l'Assemblée nationale, s'inquiètait mercredi d'une candidature de l'ancien ministre, Nadine Morano, aux européennes, en plaidant la nécessité de la "compétence" et de "l'assiduité".

Ça ne s'arrange pas à l'UMP. On a droit à des règlements de comptes sur la place publique. Véronique Jacquier...

Bernard Accoyer vole dans les plumes de Nadine Morano ! L'ancien président de l'Assemblée nationale dit tout haut ce que beaucoup à l'UMP pensent tout bas : Nadine Morano veut être tête de liste pour les élections européennes dans le grand Est ? Mais elle ne connaît rien à l'Europe !

Bernard Accoyer réclame à l'UMP des personnalités compétentes, assidues au Parlement, pas des politiques qui traînent sur les plateaux de télévision. S'il sort de ses gonds, c'est parce qu'en ce moment c'est la guerre à l'UMP pour les investitures pour les élections européennes. Et tous ceux qui oeuvrent en coulisse pour être tête de liste sont des proches de Jean François Copé.

Certains députés, avec beaucoup d'humour, se demandent si le patron de l'UMP ne joue pas au SAMU. Il ramasse les perdants des dernières législatives qu'il faut recaser : Nadine Morano donc mais aussi Michèle Alliot Marie dans le sud ouest.

Un front anti-Copé est en train de se constituer à l'UMP ?

Oui. Bernard Accoyer prend le relais de François Fillon. Si les investitures pour les européennes sont frappées du sceau de l'incompétence, il quittera l'UMP et il entraînera, dit il, au moins une cinquantaine de parlementaires.

Il prendra sa décision aprés les municipales. Ce serait alors le début de la fin de l'UMP.

Mais Jean François Copé a l'air de faire son travail de président de l'UMP. Aujourd'hui le parti organise une convention sur l'immigration.

Oui. Et bien je peux vous dire qu'elle va se dérouler dans l'indifference generale ! Convention après convention, il y a de moins en moins de participants. Et quand j'interroge les députés, ils sont dans l'incapacité de citer les idées défendues.

Tous déclarent : "si un chef n'incarne pas un espoir politique, à quoi bon se mobiliser". En coulisse beaucoup disent que Jean François Copé n'a pas réussi à se forger une légitimité.

Et c'est dans cette ambiance que Nicolas Sarkozy pointe le bout de son nez...

Oui. L'ancien président reçoit beaucoup. Mais attention ceux ne sont pas forcément les élus qui se précipitent. Certains reçoivent un petit mot: "Je serai content de te voir". Quoi qu'il en soit tous entendent la même musique. "Copé et Fillon c'est fini", "Fillon a peur de moi et Copé c'est le Harlem Desir de l'UMP".

Et Nicolas Sarkozy a cette phrase très dure: "En vérité à l'UMP il n'y a pas de fillonistes, il n'y a pas de copéistes, il n'y a que des sarkozystes et des déçus". Elle fait du bruit cette phrase. Un député UMP m'a dit: "Aprés les elections européennes, Nicolas Sarkozy sera le fossoyeur de l'UMP et créera son propre parti". En tout cas il ne peut pas l'appeler Parti Sarkozyste... ça fait PS !

Véronique Jacquier