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Tollé à gauche après l'expulsion de Leonarda

Sur la défensive, Manuel Valls a ordonné une enquête admnistrative sur les circonstances de l'expulsion de Leonarda.

Sur la défensive, Manuel Valls a ordonné une enquête admnistrative sur les circonstances de l'expulsion de Leonarda. - -

L'expulsion de la collégienne kosovare a déclenché mercredi une vive polémique au sein de la majorité, et isole Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur.

L'expulsion de Leonarda place Manuel Valls sur la défensive. Contraint d'ordonner une enquête administrative, le ministre de l'Intérieur doit en attendant encaisser une avalanche de réactions hostiles dans les rangs même de la majorité. Au premier plan, Vincent Peillon, en déplacement à Lorient, a demandé mercredi matin qu'on "sanctuarise l'école". Au micro de BFMTV, le ministre de l'Education a souhaité "que ce genre de situation ne se renouvelle pas": "Il y a des règles de droit et puis il y a des principes qui sont ceux de la France. La sortie scolaire, c'est de la scolarité".

Un peu plus tôt dans la matinée, Claude Bartolone s'était déjà désolidarisé de Manuel Valls sur Twitter. Le président de l'Assemblée nationale, quatrième personnage de l'Etat, adresse une sévère mise en garde au gouvernement: "Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme".

Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme. #Léonarda
— Claude Bartolone (@claudebartolone) October 16, 2013

Frédéric Hocquard, secrétaire national à la culture du PS, va même plus loin:

Manuel Valls qui justifie l'expulsion de #Leonarda ! Quand est qu'on prend une mesure d'éloignement du gouvernement à l'encontre de Valls ?
— Frédéric Hocquard (@Fredhoc) October 16, 2013

A gauche de nombreuses voix continuent à prostester de manière plus ou moins indignée après cette expulsion. Une pétition lancée par le syndicat lycéen FIDL a, ce mercredi, recueilli les signatures de nombreux élus EELV, PS, PDC et FdG, ainsi que celle de la présidente de SOS Racisme.

Christian Paul, député PS de la Nièvre est "choqué par la méthode". Il rappelle que "le Parti socialiste avait signé l'appel du Réseau éducation lsans frontières ("Pour le respect par l'Etat des droits de l'enfant et de sa famille" en 2009).

Elisabeth Guigou (PS), présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale: "Il est certes nécessaire de faire respecter la loi et les décisions de justice, mais il n'est pas acceptable d'interpeller des personnes en situation irrégulière, à plus forte raison des enfants, dans l'école, lors de sorties scolaires ou aux abords des écoles. Les conditions d'application de la circulaire du 28 novembre 2012 doivent être davantage précisées.

Appel à la démission de Valls

Sur le site du Huffington Post, Thierry Marchal-Beck, président des Jeunes socialistes, s'interroge: "30 expulsions par jour: est-ce cela un gouvernement de gauche?". Le député PS de Seine-St-Denis Razzy Hammadi s'est montré encore plus clair, mercredi matin sur BFMTV: "Avec la gauche au pouvoir, ce genre de choses ne doit pas avoir lieu. Point, à la ligne".

Devenue une affaire, l'expulsion de Leonarda agite au-delà du parti socialiste. Barbara Pompili et François de Rugy, coprésidents du groupe écologiste à l'Assemblée, réclament un réexamen du dossier de la famille de la collégienne kosovare expulsée "en vue d'un retour rapide en France", et condamnent "fermement les explications du ministère de l'Intérieur".

Sans attendre les résultats des enquêtes en cours, le Parti de Gauche, lui, "exige" la démission de Manuel Valls, "ministre indigne de la République", coupable à ses yeux d'avoir "justifié cet acte ignoble". Son président, Jean-Luc Mélenchon, laisse éclater sa colère sur Twitter: "La honte, c'est maintenant! Rendons Valls à Le Pen. Vivement la gauche en France!"

La honte, c'est maintenant ! Rendons #Valls à Le Pen. Vivement la gauche en France ! #Leonarda
— Jean-Luc Mélenchon ! (@JLMelenchon) October 16, 2013

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF va dans le même sens. Il a "exigé" mercredi de François Hollande "un engagement solennel et immédiat de stopper toute expulsion de jeunes étrangers scolarisés".

Dans un communiqué et sur Twitter, le sénateur de Paris écrit: "L'expulsion de la jeune collégienne Leonarda est une honte pour la République" et "les conditions de cette expulsion ajoutent à l'indignité de cet acte qui disqualifie les politiques conduites par Manuel Valls".

L'expulsion de la jeune collégienne #Leaonarda est une honte pour la République. http://t.co/FYXVYzDCx0
— Pierre Laurent (@plaurent_pcf) October 16, 2013

Pour Nathalie Arthaud, de Lutte Ouvrière, "Cette rafle et ces expulsions sordides rappellent qu'en matière de chasse aux sans-papiers, Valls vaut Hortefeux et Guéant, et que Hollande vaut Sarkozy. Tous courent après le Front national; mais au lieu de le combattre, ils lui font la courte échelle".

Alexandre Le Mer et D. N.