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Thème n°3: Les Stages en entreprise

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La Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est favorable à un rémunération plancher pour les stages d'étudiants.

J-J B : Parlons des stages dans les entreprises. J’ai vu ce qu’est proposé par le Gouvernement pour les stagiaires : 380 euros mensuel à partir du premier jour du quatrième mois de stage. Ça revient à légaliser les stages gratuits non ?
V P : Pour les stages c’est très simple, mon objectif en tant que Ministre de la Recherche c’est qu’il y ait un stage dans chaque cursus. Mais pour qu’il y ait un stage dans chaque cursus, il faut que les entreprises acceptent de prendre les jeunes dans chaque cursus, or ça veut dire mettre sur la table plusieurs centaines de milliers de stages supplémentaires. C’est mon premier défi. Le deuxième défi, c’est de faire en sorte que le travail des stagiaires soit correctement rémunéré, récompensé et valorisé. Le décret dont vous avez parlé est une proposition qui a été faite par le Gouvernement et qui est simplement en train d’être concerté. Je vous réponds très franchement, les partenaires sociaux doivent depuis un an et demi, négocier branche par branche les conditions d’accueil du stagiaire. Nous sommes dans la situation de leur dire que l’on doit mettre un filet de sécurité minimale puisqu’il n’y a pas eu négociation. C’est ce filet de sécurité minimale qui est proposé par le Gouvernement.

J-J B : est-ce que vous êtes d’accord avec cette proposition ?
V P : Je vais vous répondre franchement, quand j’étais députée, j’avais proposé qu’on mette la rémunération à 50% du SMIC avec une exonération de charge pour les entreprises. De la concertation est né le fait que c’était trop élevé pour des stages proposés à des Bac Professionnels, par exemple, ou à des élèves en formation courte. La bonne piste me semble-t-il et, c’est ce que nous avions demandé avec Xavier Bertrand au Comité des stages, c’est d’essayer de travailler à une modulation en fonction des diplômes. Dans quinze jours nous avons rendez-vous avec le Comité des stages Xavier Bertrand et moi-même pour avoir la conclusion des concertations sur ce décret.

J-J B : Et vous défendrez cette idée ?
V P : Je défendrais les propositions qui auront reçu un consensus dans le cadre du Comité des stages.

J-J B : Vous êtes d’accord ou pas alors avec cette idée ?
V P : Je défends l’idée que l’Etat doit fixer un seuil minimal parce que les entreprises aujourd’hui n’ont aucun seuil, elles peuvent ne rien payer.

J-J B : Donc il faut que les entreprises donnent quand même un petit quelque chose pendant les trois premiers mois ?
V P : Il faut que les entreprises respectent l’idée qu’à partir de trois mois un stage est rémunéré.

J-J B : Mais rien les trois premiers mois ?
V P : Il faut qu’on se mette d’accord sur cette question. Mon objectif est d’abord que les stagiaires aient un stage parce que c’est de la formation et ça a un coût pour l’entreprise.

J-J B : Mais oui ou non est ce que l’entreprise doit donner quelque chose aux stagiaires pendant les trois premiers mois ?
V P : Ça dépend des cursus. Franchement ce n’est pas une question à laquelle on peut apporter une réponse binaire. Je pense que les stages longs doivent nécessairement être rémunérés par ce que sinon c’est un effet d’aubaine pour l’entreprise. Donc, les stages de trois mois sont des stages courts et peuvent s’inscrire dans une formation et donc peuvent éventuellement ne pas être rémunérés. Moi je préférerais que toutes les branches professionnelles dialoguent, fassent un effort, et rémunère leurs stagiaires.

La rédaction-Bourdin & Co