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Thème n°2: Les logements étudiants

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La colocation semble pour Valérie Pécresse être une solution adéquate à l’inflation des petits logements… en attendant la construction de nouveaux logements étudiants.

J-J B : Rien pour le moment sur le logement étudiant ?
V P : Sur le logement étudiant, le mouvement est déjà lancé puisqu’en 2004 il y a eu un grand plan de mise à niveau du logement étudiant. On doit construire chaque année 500 000 logements nouveaux et en rénover 7000. Puisque vous savez que les résidences CROUS datent des années 70, elles sont vétustes pour certaines, et il faut les rénover. On a donc un grand plan qui est lancé, le problème c’est qu’il faut aller plus loin parce qu’il y a des blocages, et notamment particulièrement en région parisienne et dans la région lyonnaise, un peu aussi à Marseille et à Lille. Pour aller plus loin, j’ai demandé à celui qui avait fait le premier rapport, Jean-Paul Anciaux, de revenir voir si l’on pouvait faire autre chose.

J-J B : Alors qu’elles sont les idées qu’on pourrait développer ?
V P : D’abord, il faut identifier les blocages qui font qu’on n’arrive pas encore à construire suffisamment. La deuxième chose c’est trouver des nouvelles pistes, je pense à la collocation. Vous savez qu’aujourd’hui nous avons un prix des petites surfaces, et notamment dans les grandes villes, qui a augmenté de façon très forte. Il y a même eu un effet d’aubaine des aides au logement donné par le Ministère du logement aux jeunes, puisque les loueurs de chambre ont du coup augmenter leur loyer à dure concurrence. Le problème, pour lutter contre ça, il faut essayer de développer la collocation dans les grands appartements, car les prix des grands appartements ont progressé de façon plus modérée.

J-J B : Comment favoriser la collocation ?
V P : Aujourd’hui les aides sont plafonnées quand vous êtes en collocation parce que les aides sont plafonnées par appartement. Ça vous incite donc à prendre une chambre et le prix de la chambre est beaucoup plus élevé.

J-J B : Vous voulez déplafonner ces aides ?
V P : Je veux faire en sorte qu’il y ait une incitation à la collocation, qu’il y ait aussi une incitation au logement intergénérationnel qui se développe dans beaucoup de pays. Le principe est simple, ce sont des personnes plus âgées qui ont des grands appartements et qui peuvent louer des chambres à des étudiants. Là aussi les aides sont plafonnées. C’est pour ça qu’il faut regarder si l’on ne peut pas aller vers ces systèmes.

J-J B : Mais beaucoup de propriétaires ne veulent pas de collocation parce qu’ils ont peur de plusieurs étudiants dans un appartement, ils sont réticents.
V P : Ils sont ambivalents, parce que l’intérêt aussi des étudiants c’est qu’ils partent, donc on peut récupérer l’appartement, alors qu’avec un locataire qui s’installe c’est plus difficile. Donc c’est ambivalent. Le problème aussi c’est la mise en relation entre les bailleurs et les étudiants. Il faut peut être avoir quelques associations qui se montent dans les universités pour garantir à ceux qui vont louer l’appartement ou aux personnes âgées qui vont louer des chambres, que les étudiants sont bien sous tous rapports, que l’Université leur propose et donc qu’elle se porte garante.

J-J B : Est-ce que l’affiche de l’UNEF vous a choqué ? « Sarkozy, Président, c’est 15 milliards pour les plus riches. Et pour les étudiants ? »
V P : Moi j’ai trouvé ça d’un absolu mauvais goût. J’ai surtout trouvé ça complètement injustifié. D’abord il n’y a pas 15 milliards de cadeaux pour les riches, il y 9 milliards d’allégements fiscaux dont 5 pour défiscaliser les heures supplémentaires et il ne s’agit pas là des riches. Déjà c’est un mensonge. Ensuite, 1 milliard cette année (800 millions d’euros pour les étudiants, pour la recherche et l’enseignement supérieur), c’est du jamais vu depuis dix ans. Ce milliard d’euro pour l’université spécifiquement, on va l’utiliser pour améliorer le logement étudiant, pour construire davantage de logements, pour réformer les bourses, pour augmenter les bourses des étudiants les plus défavorisés. Il y a eu 2.5% d’augmentation des bourses cette année alors que l’inflation est de 1.6. On a donc conscience qu’il y a un rattrapage de pouvoir d’achat à effectuer pour les étudiants et on est en train de la faire. 300 millions d’euros pour l’immobilier universitaire, c’est la première fois me semble-t-il, qu’on dégage autant d’argent pour rénover les campus. Tout ça ce sont des dépenses très lourdes qui vont être faites pour les universités et puis toute une série de dépenses aussi pour les aider à devenir autonomes pour une meilleure réussite des étudiants.

La rédaction-Bourdin & Co