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Thème n°1 : Les institutions

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Membre du Comité de révision de la Constitution demandé par Nicolas Sarkozy, Jack Lang se pose en observateur averti des premières initiatives gouvernementales.

J-J B : Est-ce que vous allez participer au Gouvernement. Est-ce qu’on vous a fait des offres ? On a dit beaucoup de choses, où est-ce que vous en êtes ?
J L : Je n’en suis nulle part. Je suis aujourd’hui membre du Comité de révision de la Constitution. Nous remettrons nos travaux lundi. Je suis député socialiste du Pas-de-Calais, et c’est tout.

J-J B : Et vous ne serez pas membre du Gouvernement dans les prochaines semaines ?
J L : La question ne se pose pas.

J-J B : Et si on vous la pose ?
J L : Qu’on cesse de poser ce type de question.

J-J B : Puisqu’on parle de cette fameuse Commission sur la Constitution, est-ce qu’il y aura discussion devant le Parlement avant les municipales ?
J L : Le calendrier appartient évidemment à l’exécutif. Mon sentiment c’est que compte tenu de l’ampleur des travaux du Parlement, qui doit s’interrompre début février pour la campagne municipale, sachant qu’il y a le traité européen à examiner… Pour la révision de la Constitution, il me semblerait raisonnable et souhaitable que la première lecture devant l’Assemblée Nationale et le Sénat se déroule avant les municipales.

J-J B : C’est ce que souhaite Edouard Balladur aussi ?
J L : Il le souhaite aussi. Je n’ose pas parler en son nom mais il souhaite lui aussi qu’on batte le fer tant qu’il est chaud.

J-J B : Faut-il, oui ou non, que le Président puisse s’exprimer devant le Parlement ?
J L : Oui. A condition que, comme nous le proposerons, cette mesure s’insert dans toute une série d’autres mesures qui permettent au Parlement d’exercer enfin un vrai contrôle sur les actes exécutifs : contrôle de la politique extérieur, de la politique de défense.

J-J B : Comment ?
J L : Sous diverses formes : commission d’enquête, auditions publiques de dirigeants devant les Commissions.

J-J B : Est-ce que Cécilia Sarkozy doit répondre selon vous à la demande de la Commission d’enquête sur la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien ?
J L : D’abord elle n’a pas été convoquée et je pense qu’elle ne le sera pas. Ce ne serait pas une bonne chose parce que son rôle a été un rôle humanitaire, très important. Il faut avoir parfois l’élégance, quand on est dans l’opposition, de rendre hommage à quelqu’un qui a accompli un geste humanitaire, qui a eu un effet de choc psychologique déterminant.

J-J B : Est-ce qu’il faut supprimer les parrainages pour les candidatures à l’élection présidentielle ?
J L : Je crois qu’il faut un système qui permette les candidatures représentatives et écarter des candidatures fantaisistes qui polluent la vraie confrontation démocratique. Une proposition sera faite par le comité.

J-J B : Une dose de proportionnelle, oui ou non ?
J L : Je pense que l’idée fait son chemin.

J-J B : Vous allez faire une proposition ?
J L : Je crois qu’une proposition ira dans ce sens. La question est ouverte, nous proposerons une solution. Ce sera au Président de la République d’en décider.

J-J B : Quelle solution ?
J L : Je ne l’ai plus en mémoire. Ce n’est pas de la mauvaise foi, mais je vais vous expliquer pourquoi je réponds ainsi. Personnellement je ne suis pas pour une dose, je suis pour que la totalité du scrutin soit dans la proportionnelle.

J-J B : Mais la Commission ne vous suivrait pas ?
J L : Non. Ni elle, ni les partis d’ailleurs.

J-J B : Elle va quand même proposer une dose ?
J L : Une portion, une fraction, une dose, oui.

J-J B : Pourquoi est-ce que les socialistes n’ont pas mis en place cette proportionnelle intégrale lorsqu’ils étaient au pouvoir ?
J L : La proportionnelle complète, je suis, je crois, un des rares à la préconiser, y compris au Parti Socialiste. Je crois que c’est un système, qui permettrait, avec la bipolarisation, de dégager une majorité en assurant la représentation des minorités sans se casser la figure avec une dose petite, moyenne, ou grande de proportionnelle.

J-J B : Est-ce que la Commission proposera le non-cumul des mandats ?
J L : J’ai l’impression que notre commission pense que le mandat ministériel et le mandat parlementaire doivent être assumés à plein temps par les titulaires.

J-J B : On n’est député, et que député par exemple, Pas même député maire ?
J L : C’est mon sentiment depuis toujours, et je crois que le rapport conclura en ce sens.

J-J B : Possibilité de mettre en place un référendum d’initiative populaire ?
J L : Oui, c’est souhaitable que les citoyens, dans une démocratie, conquiert des droits nouveaux.

J-J B : Un mot sur l’initiative prise par les députés du nouveau Centre qui ont demandé à ce qu’on modifie la loi, quelques mois après le vote des législatives, pour permettre un financement de ce parti qui n’y avait pas droit justement.
J L : Je n’ai pas suivi cette histoire de près mais elle parait un peu bizarroïde. Adapter la loi en cours de chemin pour les besoins tactiques du financement d’une fraction d’une majorité ne parait pas très normal. Ca donne le sentiment d’un bricolage.

La rédaction-Bourdin & Co