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Thème 3: Les expulsions

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A partir du 1er Novembre, il ne sera plus possible d'exclure les mauvais payeurs. Christine Boutin revient sur les fonctions difficiles de son métier : faire respecter la justice sociale.

J-J B : A partir de jeudi 1er novembre il ne sera plus possible d’expulser ceux qui n’ont pas payé leur loyer ; Patrick Doutreligne dit qu’il faut justement travailler en amont pour éviter toute expulsion et on ne le fait pas suffisamment. Dès les premiers impayés, il faut que l’action sociale et économique soit engagée.
C B : Absolument, et je partage ce point de vue, mais ce qu’il faut quand même savoir c’est qu’en général l’expulsion n’est jamais décidée par gaîté de cœur.

J-J B : Mais il y a de plus en plus d’expulsions…
C B : Parce qu’il y a de plus en plus d’impayés.

J-J B : Notamment d’expulsions effectuées par la police.
C B : Je ne veux pas faire de polémique là-dessus. Ce que je pense c’est que l’expulsion est un échec naturellement pour la société, pour les familles et pour les propriétaires. Aujourd’hui, une des grandes difficultés du problème de l’expulsion c’est qu’on n’a pas les moyens de reloger les personnes qui sont expulsées ou alors dans des conditions très fragiles et aléatoires ; donc il faut construire.

J-J B : Et 30% de ces expulsés se retrouvent à la rue.
C B : Non, pas 30%. L’état de droit n’est même pas respecté aujourd’hui, parce que quand une personne ne paie pas, il y a un jugement qui vient un an après le début de la dette et le jugement n’est pas exécuté parce qu’on n’a pas de logement pour accueillir ces personnes.

J-J B : Il y aura donc des réquisitions ?
C B : Oui il y aura des réquisitions mais ce n’est pas la pierre philosophale la réquisition, c’est un moyen que j’utiliserais sans doute.

J-J B : Le droit au logement opposable, difficile à appliquer ?
C B : Ça je le savais, comme député rapporteur et comme ministre mais pour l’instant je tiens à dire que tous les échéants sont respectés et les commissions de médiation seront mises en place au 1er janvier et je travaille même déjà pour faire en sorte que dans les régions parisiennes et à Paris, cette commission puisse être mise en place avant le 1er janvier de façon à ce que nous puissions anticiper les difficultés. Ce que je veux dire c’est qu’aujourd’hui j’ai un traitement de l’urgence et une justice sociale à respecter. Les gens qui sont logés même s’ils le sont mal, je leur demande de rester dans leur logement et de ne pas rester sur le trottoir parce que j’ai des gens qui sont déjà à la rue.

La rédaction-Bourdin & Co