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Sur la fin de vie, Hollande est condamné au courage

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Le groupe de citoyens réunis par le Comité consultatif national d’éthique se prononce pour la légalisation du suicide assisté et la création d’une "exception d’euthanasie".

F. Hollande a promis durant sa campagne une loi qui permette aux malades incurables de bénéficier d’une aide médicale pour mourir dignement. Une fois élu, il a demandé un rapport à un grand professeur (qui était contre), puis un avis au CCNE (contre aussi), puis des états généraux sur le sujet. L’Ordre des médecins s’est prononcé (plutôt pour). Avec cette « conférence citoyenne » (pour également), tous les éléments sont réunis pour permettre une décision éclairée. C’est à F. Hollande de trancher – soit en proposant une réforme, soit en renonçant. Mais en le faisant dans la clarté.

Mais est-ce que le président de la République doit forcément avoir un avis sur une question comme celle-là ? Ce n

François Hollande ne doit pas forcément prendre une position ; il doit prendre une initiative. Comme candidat, il a exprimé une opinion favorable au suicide assisté (sans jamais parler) d’« euthanasie ». Ce qui relève de la politique, c’est le choix du moment, du rythme d’une éventuelle réforme et là, on peut comprendre qu’il hésite. On a vu avec la loi sur le mariage gay des crispations fortes, surtout dans une partie de la population qui se revendique catholique. On peut retrouver la même opposition à une loi sur la fin de vie. C’est pourquoi le projet de loi envisagé a déjà été repoussé après les municipales. Mais quel que soit le moment, François Hollande devra prendre le risque de mécontenter. Et il n’aime pas cela .

Maintenant que ce collège de citoyens a livré ses conclusions, n

C’est une pression de plus sur l’exécutif et c’est un mode de consultation original, qui a déjà été utilisé pour les OGM ou les problèmes de pollution. Cela dit, les citoyens n’ont pas toujours raison : en 1981, un tel jury n’aurait sans doute pas voulu abolir la peine de mort. Le débat sur l’euthanasie revient régulièrement à la faveur de faits divers qui sont bouleversants, parce qu’il est question de souffrances physiques et morales et que tout le monde se sent concerné. Mais il y aussi le risque de dérive, qu’on ne peut pas écarter. Et le rôle des gouvernants, c’est de ne pas laisser l’émotion gouverner à leur place.

En 2005, la loi Léonetti était présentée comme un compromis équilibré pour adoucir la fin de vie des malades sans officialiser l

On sait hélas que cette loi ne règle pas tous les cas – surtout ceux des malades qui ne sont pas en mesure d’exprimer un choix conscient. On sait aussi qu’il n’y a pas assez de moyens dans les hôpitaux pour améliorer la fin de vie. Mais la loi Léonetti est un texte modéré, humain, qui tient aussi compte du fait que beaucoup de médecins ne sont pas prêts à donner la mort à des malades et qu’ils réclameront toujours un droit d’objection (avec plus de force que les maires hostiles au mariage gay). Donc réformer, pourquoi pas. Mais il n’est pas encore certain que la loi Léonetti mérite qu’on la considère en fin de vie.

|||>> Faut-il légaliser l'euthanasie ?

La rédaction