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Strasbourg: le gouvernement se défend contre les critiques de la droite et de l'extrême droite

Christophe Castaner

Christophe Castaner - BFMTV

L'attaque à Strasbourg n'a pas tardé à susciter des commentaires politiques. Les critiques proviennent de la droite et de l'extrême droite. Au sortir du Conseil des ministres, comme à l'Assemblée nationale, les membres du gouvernement ont répliqué ce mercredi.

Ce mercredi, les critiques et interrogations visant le gouvernement, au lendemain de l'attaque qui a fait deux morts et provoqué une mort cérébrale dans les rues de Strasbourg, se détachent déjà de certains rangs de l'opposition. Le pouvoir a dû y répondre sans tarder.

Wauquiez en première ligne 

Mais ce n'est pas sur sa gauche que le gouvernement doit se retourner. A l'Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon a témoigné à Edouard Philippe de la "totale solidarité des Insoumis dans la traque que vous avez entreprise pour capturer l’assassin". Le député élu dans les Bouches-du-Rhône a aussi voulu "dire très franchement que nous sommes certains que vous avez fait et faites pour le mieux dans les circonstances que nous connaissons". Le Premier ministre a ensuite remercié le président de groupe parlementaire. En revanche, entre le gouvernement et la droite ou l'extrême droite, les échanges ont été plus acerbes ces dernières heures. 

Dès mardi soir, sur Twitter, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, allumait une première mèche: "Combien d’attentats commis par des fichés S devons-nous encore subir avant d’adapter notre droit à la lutte contre le terrorisme? Qu’attendons-nous pour enfin livrer bataille pour éradiquer l'intégrisme qui nous a déclaré la guerre?" 

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, avait quant à elle dénoncé dans la foulée de la fusillade une politique antiterroriste "défaillante".

1900 recrutements prévus à la DGSI 

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a répondu à ces premières critiques ce mercredi après le Conseil des ministres. "Le président a dit que dans les moments que nous vivions, en particulier depuis hier soir mais depuis de nombreuses semaines, le sens de l’intérêt général devrait amener chaque responsable politique au calme et à la retenue", a-t-il lâché devant la presse.

Mais c'est surtout dans l'hémicycle, ce mercredi après-midi, lors de la séance de questions au gouvernement, que ce dernier a dû employer ses arguments. A Frédéric Reiss, député élu dans le Bas-Rhin, qui lui demandait "quelles mesures" il comptait prendre "pour mieux protéger les Français", le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a d'abord mis en avant le recrutement dans le monde du renseignement: "Les moyens sont d’abord liés à la reconquête du renseignement face à ces nouvelles formes d’attaques dont notre vie peut faire l’objet depuis 2015. Vous savez que des recrutements massifs ont été engagés, nous les poursuivrons. 1900 personnes seront recrutées au sein de la DGSI."

Il a encore expliqué que la réponse était aussi le fait des élus de terrain.

"Il faut aussi adapter le renseignement à tous les niveaux et je pense que nous devons travailler contre la radicalisation au plus près du terrain et ce combat doit mobiliser à la fois nos forces de sécurité, nos forces de renseignement mais aussi parce qu’ils ont un rôle majeur à jouer, les maires, les départements, les régions", a-t-il en effet poursuivi, assurant qu'il avait pris en ce sens "une circulaire pour que les maires soient systématiquement informés" dès "les premiers jours de sa fonction".

Laurent Nunez monte au créneau 

Toutefois, c'est d'Eric Diard, député LR élu dans les Bouches-du-Rhône et rapporteur de la mission d'information sur la radicalisation dans les services publics, que sont venus les coups les plus rudes. Celui-ci a pointé le suivi judiciaire de l'auteur présumé de la fusillade de Strasbourg et s'est questionné à haute voix sur la pertinence d'avoir traité son dossier comme relevant du droit commun plutôt que de l'islamisme. Au chapitre de la surveillance, Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, a insisté sur le renforcement des moyens. En plus de la hausse des effectifs, il a noté:

"Les moyens budgétaires ont également été augmentés pour renforcer les techniques de renseignement et pouvoir mieux suivre les individus et puis les moyens juridiques avec la loi SILT qui nous permet de faire des visites domiciliaires et nous en avons fait plus de 70 depuis l’adoption du texte."

Enfin, Laurent Nunez a détaillé les modalités du suivi dont le Strasbourgeois avait été entouré, niant toute négligence:

"Ce cas-là a été détecté en détention pour un individu qui était prosélyte, dès sa sortie de détention il a été suivi par la DGSI. De nombreuses techniques de renseignement ont été appliquées le concernant, malheureusement il n’a jamais été détecté de velléité de radicalisation et encore moins de passage à l’acte. Néanmoins, oui ce cas a été évoqué en groupe, d’évaluation départementale, oui il a été décidé d’entraver l’action de cette personne et la voie qui a été choisie est celle du droit parce que c’était la seule qui était permise par les textes."

Robin Verner