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Soutenez-vous le mur grec "anti-immigrants"?

Il existe déjà en Europe deux clôtures « anti-immigration » du même type que la future barrière grecque, construites à Melilla et Ceula, entre l'Espagne et le Maroc.

Il existe déjà en Europe deux clôtures « anti-immigration » du même type que la future barrière grecque, construites à Melilla et Ceula, entre l'Espagne et le Maroc. - -

La France soutient le projet de construction d'un mur à la frontière gréco-turque, principale porte d'entrée de l'immigration clandestine en Europe. Un projet que certains jugent « peu réaliste »... Et vous, qu'en pensez-vous ?

La clôture grillagée, que certains surnomment « le mur » - en référence à la barrière érigée en 2002 par Israël en Cisjordanie - sera haute de 3 mètres et s'étendra sur 12 kilomètres. Surmontée de fils barbelés et de caméras à détection thermique, elle est annoncée comme infranchissable. Il existe déjà en Europe deux clôtures du même type, construites à Melilla et Ceula, entre l'Espagne et le Maroc.
Ainsi, l'intégralité de la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie sera désormais surveillée, les 198 autres kilomètres étant constitués par un élément naturel, le fleuve Evros.

200 migrants clandestins par jour

Ces quelques kilomètres de terre représentent à eux seuls la porte d'entrée pour 90% des migrants clandestins se trouvant dans l'Union Européenne, au rythme moyen de 200 arrivées chaque jour en provenance essentiellement d'Afrique et d'Afghanistan.

En déplacement en Grèce hier jeudi, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a officiellement annoncé le soutien de la France à cette construction. Une position qui se démarque de celle de l'Union Européenne, plutôt réservée face au projet.

Wauquiez : « Pour ne pas que nos frontières soient des passoires »

Persuadé lui aussi que ce projet est « une bonne idée », Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, explique : « Si on ne protège pas nos frontières européennes, elles deviennent des passoires. Le but n’est pas de reconstruire le mur de Berlin, mais sur ces sujets majeurs pour la sécurité de l’Europe, je privilégie l’efficacité. Ça permettra de protéger cette dizaine de kilomètres très sensible et ça me semble une bonne idée. On ne peut pas à la fois dire aux Grecs de faire quelque chose et leur reprocher dès qu’ils ont une initiative. »

« Les clandestins se contenteront de passer à côté »

Rappelant que « ce projet a été condamné par l'Union Européenne et par la plupart des pays européens », Jean-Arnaud Dérince, rédacteur en chef du Courrier des Balkans, dénonce son caractère « extrêmement peu réaliste » et ses conséquences probables : « Si on renforce la surveillance sur une portion de la frontière entre la Grèce et la Turquie, les chemins de l’immigration se contenteront de passer à côté. Un projet de ce type n’aura qu’une seule conséquence : faire l’affaire des passeurs. Et le prix du passage exigé par les réseaux mafieux sera plus élevé. »