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Soupçon d'évasion fiscale: l'UMP Brochand se défend

Le député, ex-maire de Cannes, Bernard Brochand

Le député, ex-maire de Cannes, Bernard Brochand - BFMTV

Bernard Brochand a défendu ce jeudi "sa situation" qu'il juge "claire, légale et honnête". "Il n'y a aucune fraude", assure-t-il, confirmant aussi avoir bien détenu un compte bancaire à l'étranger alors qu'il est mis en cause par la Haute Autorité pour la Transparence.

Le député UMP, et ex-maire de Cannes, Bernard Brochand est l'un des trois parlementaires de sa famille politique qui ont omis de déclarer des avoirs détenus à l'étranger, et deux enquêtes préliminaires sont déjà lancées. Mais il ne s'en laisse pas compter pour autant. Dès jeudi soir, Bernard Brochand a pris la parole pour défendre "sa situation" qu'il juge "claire, légale et honnête". "Il n'y a aucune anomalie, aucune fraude, aucune tricherie", assure-t-il, confirmant aussi avoir bien détenu un compte bancaire à l'étranger.

Mais, poursuit Bernard Brochand, "les dépôts d'argent, gagné par mon travail, et non pas par autre chose, ont été effectués dans les années 70 et ont été soumis à l'impôt français". Le diplômé d'HEC dirigeait à cette époque les agences de publicité Eurocom puis DDB, deux poids lourds du marché.

"Ce sont des éléments que j'ai moi-même déclaré à la Haute autorité", précise l'ancien membre de la direction du Paris Saint-Germain.

Sido a "régularisé" sa situation en 2013

Cette mise au point répond au communiqué de la Haute autorité pour la Transparence de la vie politique qui doute de "l'exhaustivité, de l'exactitude et de la sincérité" de sa déclaration de patrimoine comme de celle du député UMP de l'Oise Lucien Degauchy et du sénateur UMP de la Haute-Marne Bruno Sido.

Ce dernier, par la voix de son avocat, a expliqué avoir oublié en 2011 l'existence d'un "compte à la banque cantonale vaudoise", dont il avait hérité en partie, qui représente moins de 5% de son patrimoine et pour lequel il a procédé à une régularisation en 2013. "Il ne s'agit en aucune façon d'argent public, ni d'un sujet lié à ses mandats électifs, mais au contraire d'une question d'ordre familial et privé", selon la défense de l'exploitant agricole.

Quant à Lucien Degauchy il avait déjà justifié par "un litige avec l'administration sa situation concernant un compte en suisse non déclaré depuis 32 ans, l’estimation d’un immeuble dont il est propriétaire en Seine-Saint-Denis (lui l’estime à 470.000 euros. La Haute autorité pour la transparence à plus d’ 1 million et demi).

La suite de Cahuzac, le précédent Carrez

Plus largement, ces situations découlent des dispositions prises après l'affaire Jérôme Cahuzac qui avait secoué la majorité. Et, il y a de cela un mois, le Canard enchaîné a assuré qu'une soixantaine des 925 députés et sénateurs seraient en délicatesse avec le fisc, "du petit différend au gros redressement".

Récemment le président de la commission des Finances, le député UMP Gilles Carrez, avait été accusé de ne pas s'être acquitté de l'impôt sur la fortune (ISF) depuis 2011 quand le député PS, et tout juste nommé secrétaire d'Etat, Thomas Thévenoud avait justifié son non-paiement de l'impôt par une "phobie administrative".

Tous risquent 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Samuel Auffray