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Manuel Valls, seul capable de qualifier la gauche en 2017?

Le Premier ministre Manuel Valls le 12 septembre 2014 à Meaux

Le Premier ministre Manuel Valls le 12 septembre 2014 à Meaux - Martin Bureau - AFP

Un sondage crédite Marine Le Pen en tête du 1er tour à la prochaine élection présidentielle quel que soit son adversaire. En revanche, au second tour,  si elle se retrouvait face au Premier ministre, ce dernier l'emporterait très largement.

Si la cote de popularité de François Hollande a pris du galon ces derniers temps à la suite des attentats, les intentions de vote pour la prochaine présidentielle en sa faveur ne reflètent pas le même engouement.

En effet, selon deux sondages publiés ce vendredi, ce serait la présidente du Front national Marine Le Pen qui arriverait largement en tête du premier tour avec 29% des voix, écrasant Nicolas Sarkozy (22.5%) et l’actuel chef de l’Etat (19%).

Mieux placé que Hollande

En revanche, si Manuel Valls était amené à se présenter, l’écart entre le FN et le PS serait beaucoup moins important, il battrait même la droite: 22.5% pour Valls contre 21.5% pour Sarkozy.

Et mieux encore au second tour: le Premier ministre distancerait Marine Le Pen de 20 points (60% contre 40%), alors que François Hollande ne la devancerait que de seulement 2 points (51% contre 49%). 

Manuel Valls, seul rempart contre le FN? Mois après mois, le Premier ministre cumule les bons points. Mardi soir, il est élu "personnalité politique de l'année" par le Trombinoscope, l'annuaire professionnel du monde politique français. Une récompense qui fait l'unanimité. A gauche comme à droite. François Baroin, sénateur-maire UMP de Troyes, estime même que "C'est mérité".

"Il a une image centriste", analyse pour BFMTV.com Gérard Grunberg, directeur de recherche au CNRS. "L'électorat de l'UMP peut se diviser en deux parties, ceux qui tendent à gauche et ceux qui tendent vers l'extrême droite. Manuel Valls séduit indéniablement une partie de la droite, notamment avec son côté régalien sur la sécurité (cf. discours du 13 janvier sur les mesures contre le terrorisme à l'Assemblée nationale)", poursuit le spécialiste.

Ordre et franc-parler

Le terrain de la sécurité, le Premier ministre le connaît depuis l'Intérieur. Et c'est dans cet esprit que Manuel Valls a pris la parole, le 27 janvier, au milieu des revendications de la CGT dans un meeting à Audincourt dans le Doubs: "Jamais un gouvernement n’a autant fait pour rétablir l’ordre républicain. Et pas seulement avec des mots ou des coups de menton. Il faut lutter contre le terrorisme, mais aussi contre cette délinquance qui mine le pacte républicain", a-t-il lancé sous les ovations du public.

C'est aussi son franc-parler qui attire les Français. Alors que sa petite phrase sur l'apartheid a provoqué un tollé parmi les rangs du PS et de l'UMP, il apparaît qu'une majorité d'entre eux soutient le Premier ministre. Ainsi, selon un sondage, ils sont 54% à estimer qu'il a eu raison de dire qu'il existerait en France un "apartheid territorial, social et ethnique".

Mélanie Godey