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Sondage: 50% des Français favorables à l'arrivée d'un militaire au pouvoir en cas de nouveaux attentats

Emmanuel Macron passant en revue des soldats.

Emmanuel Macron passant en revue des soldats. - GUILLAUME HORCAJUELO / POOL / AFP

Un nouveau sondage, cité ce mercredi par Le Point et commandé par l'éditeur JC Lattès qui vient de publier un roman explorant cette possibilité, établit qu'un Français sur deux approuve l'idée de l'accession temporaire au sommet de l'Etat d'un militaire en cas de nouveaux attentats.

C'est le résultat d'une tendance sécuritaire animant la scène publique depuis de longues années déjà. Un sondage Odoxa, cité ici par le site du Point ce mercredi, établit que 50% des Français acquiesceraient à l'arrivée au pouvoir, temporaire, d'un militaire en cas de nouveaux attentats. 

71% des électeurs du RN favorables 

Ce sondage, réalisé en février auprès de 1002 Français, a été commandé par la maison d'édition JC Lattès qui a publié il y a un mois le roman du journaliste Henri Vernet, Article 36. La fiction envisage la perspective d'une ascension vers les rênes de la nation d'un général sur fond de terrorisme et de troubles, permis par cet article de notre constitution dont l'application est censée instituer l'état de siège. 

Dans le détail, l'enquête d'opinion conduite par Odoxa indique ainsi que 20% des Français seraient "tout à fait d'accord" avec l'idée de confier l'exécutif à un militaire en cas de nouveaux attentats sur notre sol, tandis que 30% se disent "plutôt d'accord". Un détour par les électorats politiques souligne que ce sont les sympathisants du Rassemblement national qui s'affirment comme les plus chauds partisans d'un tel tour de vis avec un taux de 71%, devant ceux des Républicains, avec 58%. Les soutiens de la France insoumise sont 49% à aller en ce sens. Les plus rétifs à voir un militaire s'installer au sommet du pays sont les électeurs de La République en marche dont 25% tout de même sont "tout à fait" ou "plutôt d'accord" pour valider cette solution. 

Mesures d'exception 

Le sondage envisage encore une autre piste. Pour faire face au terrorisme, nos concitoyens admettraient-ils de nouvelles mesures d'exception "pour mieux assurer la sécurité des français quitte à limiter leurs libertés"? Ils sont 55% à répondre par l'affirmative, contre seulement 44% de non. Et la photo est alors radicalement différente: cette fois ce sont les électeurs de La République en marche qui poussent, avec 67% d'approbation, tandis que ceux du Rassemblement national sont légèrement plus circonspects, avec 60%. Au sein de la France insoumise, en revanche, pas question ou presque de concéder davantage dans ce domaine: 67% de ses sympathisants sont contre la prise de nouvelles mesures d'exception. 

En-dehors de cette exception, le fond de l'air semble donc avoir quelque chose de militaro-policier. Au moment d'expliquer un tel phénomène, le site de l'hebdomadaire pointe deux traits principaux: tout d'abord il est porté par des jeunes moins attachés que les précédentes générations au schéma de la démocratie libérale, et plus enclins à un régime autoritaire. De surcroît, le terrorisme islamiste nourrit une demande de sécurité. 

La figure de Pierre de Villiers 

L'emploi usuel du mot de "guerre" par une partie du personnel politique devant la menace terroriste, pour une bonne part jihadiste, paraît aussi un facteur déterminant. Six Français sur dix ont ainsi déclaré à Odoxa que le pays était "en guerre" contre le terrorisme. Et si l'on est "en guerre", il convient de tirer une dernière conséquence: dans la lutte contre le fléau de la terreur, l'armée s'impose comme l'institution dans laquelle nos compatriotes placent leur confiance en priorité. Elle arrive en tête de cette liste, avec 54%, devant la police, à 20%, et la justice, fixée au même seuil. 

Cette enquête confirme d'autres constats. En octobre dernier, une étude de l'Ifop montrait que 41% des Français étaient favorables à "un pouvoir politique autoritaire" pour réformer la société en profondeur. Plus récemment, une portion des gilets jaunes a espéré l'arrivée d'un officier au pouvoir, citant principalement le général Pierre de Villiers, ex-chef d'état-major des armées. Si cette popularité du gradé a transpiré dans les médias, elle n'a cependant pas pris partout: une pétition lancée il y a trois mois "pour que Pierre de Villiers soit au pouvoir" a plafonné à 318 signatures à ce stade. 

Robin Verner