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Sondage: 3 Français sur 4 souhaitent une enquête sur la gestion d'Irma

Emmanuel Macron et la ministre des Outre-mer Annick Girardin, le 12 septembre 2017 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

Emmanuel Macron et la ministre des Outre-mer Annick Girardin, le 12 septembre 2017 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). - Christophe Ena - AFP

76% des Français souhaitent une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'ouragan Irma par l'Etat, selon un sondage "L'opinion en direct" de l'institut Elabe pour BFMTV diffusé ce mercredi. Une majorité des personnes interrogées estime toutefois qu’il est trop tôt pour critiquer l'action des pouvoirs publics après la catastrophe.

Le gouvernement a-t-il correctement protégé les habitants de Saint-Martin et Saint-Barthélemy avant et après le passage de l’ouragan Irma? Certains habitants ont dénoncé un manque de préparation en amont, et une gestion chaotique de la situation après le passage de l’ouragan. Des critiques que l’opposition en métropole n’a pas tardé à reprendre à son compte, le député Front national Sébastien Chenu demandant l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire.

88% des 18-24 ans favorables à une enquête

Une initiative approuvée par trois quarts des Français (76%), selon le sondage "L’Opinion en direct" réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV les 12 et 13 septembre. Les plus jeunes y sont d’ailleurs nettement plus favorables: 88% des 18-24 ans et et 84% des 25-34 ans sont pour. Et ce, indépendamment de l’appartenance politique. Seuls les électorats au 1er tour d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont légèrement moins "pour", mais avec tout de même respectivement 66% et 69% d’avis favorables.

"Trop tôt" pour entamer une polémique pour une majorité

Ce n’est pas pour autant que les Français souhaitent polémiquer sur le sujet. 58% d’entre eux estiment ainsi qu’il est "trop tôt pour entamer une polémique sur la gestion de la catastrophe", particulièrement dans l’électorat au premier tour du Président (81%) et parmi les sympathisants LREM (84%).

En revanche, les électeurs de Marine Le Pen au premier tour et de Jean-Luc Mélenchon sont les plus divisés sur la question: 50% des premiers et 48% des seconds s’accordent à dire qu’il est "trop tôt".

Plus d’une personne interrogée sur quatre estime à l’inverse qu’il est "légitime d’émettre des critiques sur la gestion de la catastrophe". Cette opinion est particulièrement populaire chez les 18-24 ans, dont 62% sont de cet avis, contrairement aux plus de 65 ans qui sont presque 70% à affirmer qu’il est "trop tôt" pour critiquer la gestion de la crise.

47% des sondés dénoncent un "manque d'anticipation"

Enfin, sur la gestion de la crise en elle-même, les Français sont plus partagés: 52% estiment que "les pouvoirs publics sont intervenus dans les délais et ont géré du mieux possible compte tenu de la situation", tandis que 47% dénoncent un "manque d’anticipation" et une mauvaise gestion de la catastrophe "en tardant à intervenir".

Une fois encore, les plus critiques sont les 18-24 ans, à 60%, et les 25-34 ans à 57%. Les avis favorables à l’action du gouvernement remontent avec l’âge des répondants.

Sans grande surprise, plus des trois quarts de l’électorat au 1er tour d’Emmanuel Macron estiment que les pouvoirs publics ont "géré du mieux possible (la crise) compte tenu de la situation". Les électeurs de François Fillon se montrent également satisfaits (61%), de même que ceux de Benoît Hamon (57%).

Les moins convaincus sont les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (61%) et ceux de Marine Le Pen (55%). A noter, un grand décalage apparaît entre les sympathisants de la "gauche non socialiste", qui se montre critique à 62% de l’action des pouvoirs publics, contre 34% chez les sympathisants PS et Parti radical de gauche.

Échantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 12 et 13 septembre 2017.

Liv Audigane