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Ruffin propose un amendement "Vis ma vie" pour obliger les députés à faire des stages en entreprise

Capture d'écran de la vidéo publiée par François Ruffin sur Twitter.

Capture d'écran de la vidéo publiée par François Ruffin sur Twitter. - @Francois_Ruffin

Pour que les députés, les ministres voire le Président gardent contact avec "le réel", François Ruffin souhaite leur imposer... des périodes de stages.

Dans le cadre de l'ouverture ce lundi des débats sur la loi de la moralisation de la vie publique, le député François Ruffin a détaillé dans une vidéo la série d'amendements qu'il propose. Le quatrième, "l'amendement Vis ma vie" est pour le moins original. Son objectif? Contraindre les députés, ministres et "pourquoi pas le Président" à effectuer chaque année une période de stage en entreprise pour "garder contact le réel", explique l'élu de La France insoumise.

"C'était une émission de TF1, je ne sais pas si t'as regardé ça", s'amuse le député de la Somme qui a en effet repris le titre d'un programme télévisé. "En gros, c'était un paysan qu'il allait vivre comme un designer, et le designer allait vivre comme le paysan", rappelle-t-il. 

Grâce à ces stages, François Ruffin espère que les hommes politiques se rendront mieux compte des difficultés que rencontrent les employés au quotidien.

"Il faut souhaiter que les députés, les ministres et le Président soient plongés dans le bain du réel régulièrement et qu'ils voient ce que ça signifie quand on appelle ça réduction de déficits, qu'ils voient ce que ça signifie dans une maison de retraite ou dans un hôpital", estime-t-il. 

Selon le député de La France insoumise, cela permettrait aussi d'éviter les mises en scène lors de certaines visites officielles. "On sait très bien que quand un ministre du Travail va visiter un Pôle emploi, tout est refait. On crée une fiction à destination du ministre", argue-t-il.

Pallier la "déterritorialisation des élus"

Cet amendement "Vis ma vie" est d'autant plus important pour le député que les réformes d'Emmanuel Macron, à savoir celle de la fin du cumul des mandats et l'introduction de la proportionnelle, ont d'après lui pour conséquence la "déterritorialisation des élus". "Quand un député était en même temps maire, il avait un contact avec le réel éventuellement dans sa mairie", poursuit François Ruffin. 

Comme le rappelle le Huffington Post, l'association patronale "Entreprise et Progrès" avait déjà invité des parlementaires à faire l'expérience de l'immersion en entreprise en 2014. L'ambition était néanmoins très différente. Il s'agissait de "créer une rencontre entre un député et un PDG", afin que "les députés et les chefs d'entreprise se connaissent mieux pour travailler ensemble". Au total, seuls 10% des députés s'étaient portés volontaires. 

Mettre en place une "parité sociale"

François Ruffin souhaite également les partis soient obligés de mettre en place une "parité sociale", en présentant sur leurs listes au moins 11% de candidats employés, ou de rendre inéligible toute personne dirigeante d'une société liée aux paradis fiscaux. 

Maëva Poulet