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Royal tacle Hollande : « Il aurait fallu aller plus vite »

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Ségolène Royal fait un bilan très critique de la première année de mandat de François Hollande, dans un entretien au Journal Le Monde. Selon son ancienne campagne, François Hollande a perdu trop de temps, et doit accélérer les réformes. Ségolène Royal est l'invitée de Bourdin & Co mardi à 8h35 sur RMC et BFMTV.

Ségolène Royal n’est pas tendre avec son ancien compagnon. Interrogée par Le Monde daté de mardi sur un an de présidence Hollande, l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 estime qu'il « aurait fallu aller plus vite », évoquant un « sentiment que du temps a été perdu » et un rapport au pouvoir qui « n'a guère changé ».
Questionnée sur la perte de confiance subie par l'exécutif, Ségolène Royal répond : « Il y a d'abord le sentiment que du temps a été perdu », avant d'ajouter: « Il aurait fallu aller beaucoup plus vite : le mariage pour tous aurait dû être fait l'été dernier, de même que la réforme de la décentralisation. Il fallait réformer par ordonnances dès le début ». De plus, selon elle, il y a « l'idée que les réformes faites dans le domaine de l'emploi ne sont pas à la hauteur des enjeux. Les emplois d'avenir et les contrats de génération, c'est très bien, mais tout le monde sait que cela ne suffit pas. Il faut impérativement une bataille globale sur l'emploi ».

« Qu’il accélère ! »

Qu'attend Ségolène Royal de la conférence de presse du chef de l'Etat jeudi ? « Qu'il consolide tout ce qu'il a engagé et qu'il accélère sur le reste », dit-elle. La présidente de la région Poitou-Charentes cite « le chantier démocratique. Depuis un an, le rapport au pouvoir n'a guère changé, et c'est un des facteurs de la déception des Français ». Le non-cumul des mandats, « il faut avoir le courage de le faire maintenant », déclare Ségolène Royal. « Il ne faut pas reculer sur les class-actions ».
Concernant la mutation écologique, « c'est l'inertie depuis un an alors que les collectivités locales agissent beaucoup ». « Il y a là un défi à relever, car ce secteur est un formidable levier de croissance et la France, qui a tout, se fait dépasser par d'autres pays. Regardez l'absence d'action sur la voiture électrique », déplore-t-elle. Troisième chantier: « l'économie sociale et solidaire ». « Je pense aux Scop, aux services à la personne, aux formes d'économie alternative dans l'agriculture ». « Là aussi, il y a un gisement important d'emplois », de surcroît « non délocalisables ».

« Mon entrée au gouvernement n'est pas d'actualité »

Ségolène Royal estime également qu'un remaniement gouvernemental, une éventualité évoquée la semaine dernière par François Hollande, devra s'accompagner d'une « restructuration » de Bercy pour mettre fin aux « zizanies » entre les titulaires des différents portefeuilles économiques. « Ce n'est un mystère pour personne qu'il y a des domaines où une restructuration est nécessaire, comme par exemple la vaste galaxie de Bercy », dit-elle avant d'indiquer, en réponse à une question, que son entrée éventuelle au gouvernement « n'est pas d'actualité ». Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault comporte pas moins de sept ministres en charge de portefeuilles économiques, les deux principaux étant Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Pierre Moscovici (Economie et finances), qui peinent à masquer leurs divisions sur certains dossiers.

Ségolène Royal, invitée de Jean-Jacques Bourdin mardi à 8h35 sur RMC et BFMTV|||

Ségolène Royal, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 et présidente de la région Poitou-Charentes, est l'invitée de Bourdin & Co ce mardi à 8h35, sur RMC et BFMTV.

Philippe Gril avec agences