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Round d'observation entre Aubry et Woerth sur les retraites

Martine Aubry a insisté mercredi auprès d'Eric Woerth sur la nécessité de bâtir une réforme juste et efficace des retraites, refusant une fois de plus de dévoiler les propositions concrètes du Parti socialiste en la matière, avant de connaître le projet d

Martine Aubry a insisté mercredi auprès d'Eric Woerth sur la nécessité de bâtir une réforme juste et efficace des retraites, refusant une fois de plus de dévoiler les propositions concrètes du Parti socialiste en la matière, avant de connaître le projet d - -

Martine Aubry insiste auprès d'Eric Woerth sur la nécessité de bâtir une réforme juste et efficace des retraites, refusant...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Martine Aubry a insisté mercredi auprès d'Eric Woerth sur la nécessité de bâtir une réforme juste et efficace des retraites, refusant une fois de plus de dévoiler les propositions concrètes du Parti socialiste en la matière.

Le ministre du Travail, qui a prévu de consulter tous les chefs de parti en parallèle à ses discussions avec les partenaires sociaux ouvertes le 12 avril, a reçu le premier secrétaire du PS pendant une heure.

A sa sortie, l'ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin a critiqué la méthode du gouvernement, qui n'a mis "aucune proposition sur la table" et son calendrier qui augure selon elle d'une "réforme bâclée".

Si on continue sur cette lancée, la réforme Woerth aura "sans doute" les mêmes effets que les deux précédentes réformes réalisées par la droite: "Nous amener dans le mur avec des retraités touchant des retraites plus basses et des salariés seuls à payer", a déclaré Martine Aubry.

Elle a fait état de deux "points durs" sur lesquels le PS ne transigerait pas: "la possibilité laissée à chaque Français de partir à la retraite à 60 ans s'il le souhaite" et la préservation du Fonds de réserve des retraites, mis en place par le gouvernement Jospin, au pouvoir de 1997 à 2002.

A Eric Woerth, "nous avons dit que nous avions des propositions multiples, des réformes structurelles, que nous voulions penser à d'autres ressources à faire rentrer", a expliqué la maire de Lille, sans entrer dans les détails.

"J'ai été dans ce ministère de très nombreuses années (...) et je n'ai jamais consulté les partis ou les partenaires sociaux sans leur mettre sur la table des éléments", a-t-elle rappelé. "Je n'ai jamais vu cela."

WOERTH PRÊT À "PICORER"

Dans l'entourage de la dirigeante socialiste, on souligne qu'il n'est pas question de présenter le contre-projet socialiste avant de connaître le projet de loi du gouvernement.

Un choix qui nourrit les critiques de la droite, pour qui le PS n'a aucune proposition digne de ce nom. "Quand on a des problèmes sur le fond, souvent on critique la méthode", a dit Eric Woerth à la presse après le départ de la délégation socialiste.

Le ministre du Travail a rappelé qu'un document d'orientation serait "mis sur la table" mi-mai et qu'il consulterait à nouveau les partis politiques à ce moment-là.

Il a fait état de convergences avec la dirigeante du PS sur la pénibilité ou l'emploi des seniors, soulignant toutefois que Martine Aubry avait "été plus précise sur ce qu'elle ne voulait pas que sur ce qu'elle voulait".

La semaine dernière, après une réunion de tous les courants internes du PS sur les retraites, le premier secrétaire avait expliqué qu'elle retardait la présentation des propositions socialistes pour éviter que le gouvernement vienne "picorer" seulement celles qui l'arrangeaient.

"C'est assez curieux de penser que si l'opposition a de bonnes idées, la majorité ne peut pas les reprendre", a estimé Eric Woerth mercredi. "Toutes les idées sont bonnes à prendre."

Édité par Gilles Trequesser