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Richard Ferrand: "Il n'y a jamais eu d'affaire"

Le procureur de la République de Brest a annoncé ce vendredi classer sans suite l'enquête lancée autour Richard Ferrand, président du groupe "LaREM" à l'Assemblée nationale, et de son ancienne entreprise des Mutuelles de Bretagne. Sur notre plateau ce même jour, il s'est réjoui de cette conclusion.

Richard Ferrand l'a assuré ce vendredi sur notre plateau. Pour lui, il n'y avait "pas d'affaire". Plus tôt dans la journée, on apprenait que le procureur de la République de Brest classait sans suite l'enquête autour de soupçons de favoritisme dans la location de locaux pour l'installation d'un centre de soins, en 2011. Concernant un autre volet des investigations, un soupçon de prise illégale d'intérêt, la justice a établi que les faits étaient prescrits.

"Le droit est dit"

La controverse avait éclaboussé Richard Ferrand peu après sa nomination au poste de ministre de la Cohésion des territoires dans le premier gouvernement Edouard Philippe, le contraignant à bientôt quitter ses fonctions. Ce proche d'Emmanuel Macron en avait aussitôt trouvé d'autres devenant président du groupe "La République en marche" à l'Assemblée nationale. 

Sur BFMTV, ce vendredi, il s'est félicité de l'issue de ce dossier: "Le procureur de la République a dit qu’il avait mené une enquête approfondie. Je ne me suis pas dérobé. Administrateurs, employeurs ont été entendus. L’enquête a duré quatre mois et demi. La justice a tranché et a confirmé l’innocence qui est la mienne. Le droit est dit, nous sommes dans un Etat de droit."

Ferrand cite Blum en renfort

L'ex-ministre a affirmé avoir vécu ces derniers mois avec peine. "Imaginez qu’on vous fasse passer pour quelqu’un de malhonnête, qu’on y associe votre compagnon, que vos enfants soient éclaboussés, que vous soyez insulté et ne puissiez vous défendre car des Unes disent que vous êtes infréquentable. Vous êtes condamné, en attendant la justice, au silence", a-t-il déclaré. Il a alors cité en renfort un grand nom de la gauche: "C’est extrêmement éprouvant, douloureux. Le soupçon est un poison. Léon Blum disait : ‘Il n’y a pas d’antidote à la calomnie’". 

Tout en appelant à ne pas rentrer dans "la société du soupçon", il a expliqué que prendre acte des soupçons pesant sur un responsable politique avant même une condamnation, était désormais inévitable: "Le soupçon est devenu aujourd’hui un brevet d’immoralité. Pour les dirigeants, il est sans doute de meilleure hygiène démocratique que dès le soupçon on se sépare d’untel ou unetelle. C’est une évolution nécessaire et sans doute regrettable."

"Nous avons des chantiers devant nous"

Alors qu'il lui avait été reproché d'avoir exercé des fonctions de chargé de mission pour les Mutuelles des Bretagne entre 2012 et 2017, intervalle durant lequel il était député, il s'est justifié de la manière suivante: "Quand on fait de la politique, il faut garder les pieds sur terre." Désire-t-il, à présent, revenir au gouvernement? "Je suis fier d’être le président du groupe ‘La République en marche’. Nous avons des chantiers devant nous, dont le budget", a-t-il posé. 

Robin Verner