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REVUE DE PRESSE - Macron "place les Français devant leurs responsabilités"

La version définitive de la lettre aux Français du chef de l'Etat a été dévoilée dimanche

La version définitive de la lettre aux Français du chef de l'Etat a été dévoilée dimanche - AFP

La lettre aux Français dévoilée dimanche soir par Emmanuel Macron fait la une de tous les médias ce lundi matin.

Au lendemain de la publication de la lettre aux Français d'Emmanuel Macron qui détaille les contours du grand débat national, la presse parle d'une opération de sauvetage du mandat du chef de l'Etat. La lettre fait la une des médias à l'unisson ce lundi matin.

Le Parisien compare l'action du président à celle de François Mitterand et Nicolas Sarkozy. Mais à la différence que ses prédécesseurs étaient candidats à la présidence et défendaient leur programme de campagne, alors que "notre actuel président essaie pour sa part de sauver la suite de son mandat", explique le quotidien.

Idem dans Libération, qui voit la lettre du président comme un "écrit de rattrapage": "L'arrogant Jupiter tente avec ce texte de se mettre à la hauteur du rond-point", écrit le journal. 

"Un exercice périlleux" 

Du côté du Figaro, on titre sur une citation du chef de l'Etat: "Transformons les colères en solutions" et on estime qu'il s'agit là d'"une dernière chance pour Emmanuel Macron en tout cas, s'il veut régler la crise autrement que par des scénarios politiques catastrophes pour lui."

La Croix est d'avis que ce qui manque au président c'est "la crédibilité nécessaire pour convaincre qu'il va vraiment lutter contre les fractures sociales et territoriales en France".

Avec pour nuance, qu'Emmanuel Macron "peut encore parvenir à sortir son mandat de l'étau de la puissante contestation et des lourdes contraintes budgétaires". 

La Une de La Croix ce lundi 14 janvier 2019
La Une de La Croix ce lundi 14 janvier 2019 © La Croix

"Pas dupes des ruses de Macron"

Les Echos sont plus sceptiques quant la volonté d'écoute du chef de l'Etat qui "se prête à l'exercice du grand débat comme s'il fallait bien en passer par là, mais sans réelle conviction pour le coup" et on titre sur un débat "sans tabou". 

L'Humanité fait sa une sur "Les gilets jaunes pas dupes des ruses de Macron". La lettre aux Français reste "lettre morte" pour le quotidien communiste dans lequel un éditorialiste affirme qu'elle "ne peut être reçue que comme une provocation. "Pas un mot sur les salaires, le pouvoir d'achat, mais l'affirmation qu'il ne rétablira pas l'ISF", s'insurge-t-on. 

Dans la presse régionale la lettre est également de toutes les Unes, comme le note ce matin la journaliste de BFMTV Adeline François. 

L'Union fait chorus, "l'exercice est périlleux". Emmanuel Macron sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur" peut-on lire. 

Dans certains médias on enjoint ses lecteurs à participer au grand débat, comme la Montagne Centre France, qui titre sur "A vous la parole", tout en affirmant que le "président joue gros". 

Dans le camp des plus optimistes, l'Est Républicain songe que "ce grand débat peut constituer un des actes fondateurs de la nouvelle gouvernance qu'il avait promise", mais "à condition de tenir compte de ce qui en sortira, sans le cadenasser pour qu'il ne fasse pas pschitt."

Dans L'Alsace on juge encore que le président "place les Français devant leurs responsabilités", "habilement". 

"Totalement inédit"

"C'est à un incroyable exercice de renouvellement de la démocratie et de la politique que nous sommes en train d'assister", s'enthousiasme un éditorialiste de L'Eclair des Pyrénées. "C'est donc aux citoyens de s'emparer de ce débat, de prendre, en quelque sorte le pouvoir", prévient-il.

Dans Ouest France enfin, qui titre "Sa lettre aux Français", on considère que "le chef de l'Etat mette autant de sujets sur la table, sachant que toutes les réponses n'iront pas dans son sens, est, de fait, totalement inédit". 

"Plus qu'un engagement, c'est un contrat. Il faut le prendre au mot. En participant", conclut-on.

Manon Fossat avec AFP