BFMTV

Retraites: "Aucune divergence" à LaREM pour Le Gendre, mais des initiatives "pas idéales"

Gilles Le Gendre

Gilles Le Gendre - LUDOVIC MARIN / AFP

Le chef de file des députés de la majorité s'est attaché à montrer l'unité du groupe, tout en reconnaissant certaines divergences.

"Aucune divergence idéologique" parmi les députés La République en marche (LaREM) sur la réforme des retraites, mais des initiatives à l'aile gauche "pas idéales": leur patron Gilles Le Gendre a défendu mardi la volonté commune de "compromis" du groupe majoritaire. Ce projet est "celui qui rassemble le plus profondément le groupe", a insisté le patron des "marcheurs" lors d'un point presse. 

L'élu de Paris a néanmoins jugé "pas idéales" les récentes tribunes dans la presse d'une vingtaine d'élus de l'aile gauche plaidant notamment pour moduler l'âge pivot suivant la pénibilité ou faire une "réforme non-budgétaire". Mais "c'est plus une divergence sur la façon de faire et sur la méthode qu'une divergence de fond", a-t-il estimé.

"On perturbe la négociation"

Lors de la réunion du groupe mardi matin, certains députés se sont émus du besoin "de se répandre dans la presse" de leurs collègues. "Résultat, on pense que toute la majorité pense la même chose, ce qui est faux! Et on perturbe la négociation", a déclaré Guillaume Kasbarian, selon des propos rapportés.

"J'en ai assez de ceux qui veulent enfoncer un coin entre le Premier ministre, le gouvernement et la majorité et qui tentent de parler en notre nom à tous alors qu'ils sont une minorité. Sur le terrain, on nous demande de tenir bon", a aussi affirmé Aurore Bergé, soutenue par une majorité des présents, d'autres insistant aussi sur le "soutien" reçu sur le terrain.

Selon Gilles Le Gendre, le groupe, qui tiendra lundi un séminaire de rentrée, est "déterminé à ce que nous trouvions un accord politique avec les syndicats (réformistes) qui ne rejettent pas en bloc la réforme". C'est "jouable" et dans le cas contraire, ce serait une "très grande déception et même un échec", a-t-il affirmé.

D'après lui, une "écrasante majorité" du groupe est aussi convaincue "qu'on ne peut pas porter une réforme aussi ambitieuse et 'transformante' en laissant fermée à double tour la question du financement".

"Sur les moyens, les techniques, la méthode et le calendrier, ça peut être plus balancé" au sein du groupe, a-t-il admis.

"Quelquefois il faut savoir renoncer".

Très actifs, les membres du "collectif social démocrate", à l'aile gauche du groupe, se sont réunis mardi. Devant la presse, Delphine Bagarry a récusé toute "volonté de fronde", mettant en avant "la richesse du débat". 

Jean-François Cesarini a lui affirmé sur LCP que "tout le monde a compris que cet âge pivot uniforme n'était pas une bonne idée".

Mais ces élus "n'auront jamais aucun poids politique à l'Élysée, à Matignon", raille une "marcheuse". Elle plaide qu'"il faut tenir" et qu'en circonscription, personne ne lui parle du responsable de la CFDT "Laurent Berger, ni de l'âge pivot".

CFDT et UNSA ont réaffirmé mardi leur volonté d'un retrait de cette disposition qui vise à inciter les Français à travailler plus longtemps dès 2022.

Isolée, la députée LaREM Claire O'Petit a demandé sur Europe 1 le retrait de l'âge pivot pour sauver la réforme: "Quelquefois il faut savoir renoncer."

C.M. avec AFP