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Réquisitoire incertain contre Jacques Viguier

Une peine de 15 à 20 ans de réclusion a été requise par l'accusation contre le professeur de droit toulousain Jacques Viguier, jugé en appel pour le meurtre de son épouse Suzanne disparue en février 2000. La défense devait ensuite plaider et le verdict es

Une peine de 15 à 20 ans de réclusion a été requise par l'accusation contre le professeur de droit toulousain Jacques Viguier, jugé en appel pour le meurtre de son épouse Suzanne disparue en février 2000. La défense devait ensuite plaider et le verdict es - -

par Nicolas Fichot ALBI, Tarn - Une peine de 15 à 20 ans de réclusion a été requise contre le professeur de droit toulousain Jacques Viguier, jugé en...

par Nicolas Fichot

ALBI, Tarn (Reuters) - Une peine de 15 à 20 ans de réclusion a été requise contre le professeur de droit toulousain Jacques Viguier, jugé en appel à la cour d'assises du Tarn, à Albi, pour le meurtre de son épouse Suzanne disparue en février 2000.

L'avocat général Marc Gaubert a cependant dit qu'il ne s'opposait pas à une requalification de l'accusation d'homicide en "coups mortels", ce qui entraînerait une peine inférieure.

"Si vous deviez requalifier cette affaire en tablant sur une mort accidentelle, soit en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, alors je laisse à votre intelligence du coeur d'en décider autrement et de trouver une solution autre pour ne pas plonger les trois enfants de cet homme dans l'obscurité totale", a-t-il déclaré.

Le verdict est attendu samedi soir.

En première instance l'année dernière, l'accusation avait demandé la même peine de 15 à 20 ans de réclusion à la cour d'assises de Haute-Garonne, qui avait acquitté Jacques Viguier, 51 ans.

Il n'y a ni corps, ni preuves, ni aveux dans ce dossier, où l'existence d'un crime n'est pas avérée.

L'accusation se fonde sur des indices, notamment le fait que l'accusé ait fait disparaître un matelas et négligé de signaler qu'il avait retrouvé le sac à main de sa femme.

"CET HOMME EST BRISÉ"

En droit, une condamnation est en théorie possible, les jurés devant se prononcer suivant leur "intime conviction".

"J'ai une conviction. Certes, il n'y a pas d'aveux mais Suzy est morte. Nous le savons. M. Viguier n'en doute pas. Toutes les autres hypothèses n'ont pas de sens. Ce qui s'est passé ? La dispute, les coups. Les coups qui tuent", a dit l'avocat général.

"Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas tout exactement que vous ne pourrez pas vous forger une intime conviction. Ce serait trop facile", a-t-il ajouté.

"Je n'ai pas envie qu'on condamne un innocent, mais l'intérêt d'une société est de condamner les coupables autant qu'ils le méritent", a-t-il conclu.

Pour Me Jacques Lévy, l'un des deux avocats de la défense, "Jacques Viguier n'aurait jamais pu tuer Suzy".

"Parce qu'il est croyant, parce qu'il l'aimait et parce qu'elle était la mère de ses enfants. Il ne peut pas avoir fait cela, même accidentellement", a dit l'avocat toulousain dans sa plaidoirie.

"Cet homme est brisé, cassé à vie. Il est condamné à la prison à vie, celle d'un mal qui le ronge et qui ne se guérit pas : la souffrance face à l'injustice. Et vous voudriez encore le renvoyer en prison alors qu'il est broyé, qu'il n'arrive même plus à pleurer sur ses malheurs?", a-t-il lancé.

Le second avocat de la défense, Me Eric Dupond-Moretti, plaidera samedi matin avant que le jury ne se retire pour délibérer.

Edité par Sophie Louet