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Réouverture des écoles: Dati craint une sélection "arbitraire" des élèves à Paris

La candidate LR à la mairie de Paris déplore par ailleurs que la volonté de progressivité affichée par le gouvernement pour la réouverture des établissements scolaires se transforme en "volontariat".

Après deux mois d'interruption, les établissements scolaires s'apprêtent à rouvrir progressivement leurs portes aux élèves à compter de lundi. Une réouverture qui va de pair avec l'inquiétude de nombreux parents, avec la pandémie de Covid-19 en toile de fond.

"Si vous voulez relancer l'économie, il faudra que les enfants repartent à l'école. Il faut être clair, il faut assumer de le dire", a estimé Rachida Dati, invitée de BFMTV-RMC ce mardi matin. "On ne peut pas laisser comme ça la France sous cloche et à l'arrêt indéfiniment. On ne peut pas laisser notre jeunesse à la dérive sans aller à l'école indéfiniment, donc il est important de reprendre mais il faut aussi des précisions, de la clarté et de la constance, ce qui n'a pas été à ce jour donné par le gouvernement", a également jugé l'ex-députée européenne plus généralement, à l'égard de la reprise économique comme scolaire.

"Cinq mois de décrochage scolaire, pour des milliers de jeunes, c'est une bombe à retardement", s'était alarmé Edouard Philippe lundi au Sénat, en présentant le plan de déconfinement du gouvernement.

Dati déplore le "volontariat"

"De nombreux parents mais aussi les enfants demandent à reprendre l'école et donc ça peut se faire de manière progressive, c'était le premier principe énoncé", abonde Rachida Dati. "Ce principe progressif s'est transformé en volontariat. Moi je considère que le volontariat c'est tout le contraire de l'obligation scolaire qui est un principe fondateur de notre République", tance Rachida Dati.

Le 23 avril, quelques jours après avoir annoncé le retour progressif à l'école le 11 mai, l'Elysée avait fait savoir que le retour à l'école se ferait sur la base du volontariat. 

Dati tacle Hidalgo sur les écoles

"Et le volontariat s'est transformé pour Paris parce qu'il y a une particularité. Pour Paris, Mme Hidalgo nous annonce que c'est uniquement pour les enfants des publics dits prioritaires. Le gouvernement a annoncé quinze enfants par classe, Mme Hidalgo dit 'Non, il ne faut pas quinze enfants par classe, il faut en mettre dix, parfois huit sinon moins'".

Dans les faits, Anne Hidalgo a accordé une interview au Parisien, publiée dans son édition de mardi, dans laquelle elle indique être "d'accord" avec le recteur de l'académie de Paris "pour ne pas retenir la jauge de quinze élèves par classe, mais plutôt de la baisser autour de dix, voire un peu moins pour les maternelles, afin de respecter scrupuleusement les préconisations sanitaires".

Concernant les publics prioritaires, Rachida Dati tacle sa rivale dans la course à la mairie de Paris et estime ne pas en avoir "la définition". 

"Moi je n'en ai pas la définition, on n'en a pas les critères précis donc ce principe-là va se transformer encore une fois en de l'arbitraire parce que ça va reposer encore une fois sur les élus", estime l'ancienne garde des Sceaux.
Clarisse Martin