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Rentrée éclatée à droite en vue des européennes

La réunion des proches d'Alain Juppé à Bordeaux en vue des élections de 2019 souligne la fracture existante au sein des Républicains sur la question européenne.

Voilà qui n'aide pas Laurent Wauquiez à asseoir son autorité sur Les Républicains. Le président du parti, qui n'incarne la droite qu'aux yeux de 41% des Français interrogés, est à la tête d'une armée dispersée, qui n'hésite pas à contredire son chef de file officiel. Tandis que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand affichaient fin août leur unité contre Laurent Wauquiez, jugé "populiste", Alain Juppé et ses proches se réunissent ce dimanche à Bordeaux pour discuter des élections européennes. 

Nombreux sont ceux qui, à droite, ne partagent pas la ligne droitière de Laurent Wauquiez, tout spécialement sur la question de l'Europe et la stratégie à adopter en 2019. Alors que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes développe un discours sceptique, mâtiné de pointes souverainistes, à l'encontre de l'UE, les "europhiles" de droite tiennent une ligne bien différente.

"Nous ne pouvons envisager d’alliance qu’avec des partis qui ont dans leur ADN une idée européenne très forte", prévient ainsi, au micro de BFMTV, le député de Seine-et-Marne et fondateur d’Agir Franck Riester. 

Alliances

Les représentants de la droite européenne, dont beaucoup ont quitté Les Républicains ou pris du recul par rapport au parti, n'ont pas encore de tactique commune pour le scrutin européen. Il faudra choisir entre une alliance avec La République en marche, une liste commune avec Les Républicains ou une liste indépendante, occupant l'espace laissé vacant selon Jean-Pierre Raffarin entre LaRem et LR.

La présidente de Libres! Valérie Pécresse, compte pour sa part faire bouger les lignes en interne, expliquant sur notre antenne "peser sur la ligne politique à l’intérieur des Républicains avec un certain nombre de ses amis, qui sont pro européens".

Fractures

Le discours est bien différent chez le filloniste Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et patron du mouvement Force républicaine. 

"J’attends d’abord pour les européennes que nous définissions un projet qui protège contre la vague migratoire", a-t-il martelé lors de sa rentrée politique.

Plus que jamais, l'unification des Républicains ressemble à une gageure pour Laurent Wauquiez. À moins que ce dernier ne cherche à mener à son terme une clarification, équivalente à celle de la gauche, entre "deux droites irréconciliables". 

Louis Nadau