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Régionales: pour Renaud Muselier, une défaite en PACA pourrait "entraîner la mort de la droite"

Le président sortant de Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier (C) présente le 14 mai 2021 à Marseille sa liste pour les élections régionales

Le président sortant de Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier (C) présente le 14 mai 2021 à Marseille sa liste pour les élections régionales - Christophe SIMON © 2019 AFP

Dans un entretien accordé au JDD, le président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur s'alarme des conséquences d'une victoire aux élections de "l'équipe de sous-doués" de Thierry Mariani.

Le résultat des régionales en PACA, décisif pour l'avenir de la droite toute entière? C'est en tout cas la mise en garde du président sortant du Conseil régional Renaud Muselier dans un entretien accordé au JDD ce dimanche. Selon le candidat Les Républicains à sa succession, une victoire de son rival RN Thierry Mariani, actuellement en tête des sondages, risque de causer "de gros dégâts" pour la région, mais aussi pour l'échiquier politique:

"La droite, comme le reste de la France, a intérêt à ce que je gagne. Sinon, le siège du RN déménagera de Saint-Cloud à la porte d'Aix à Marseille. Et tout l'équilibre démocratique français sera en danger."

Quant à son camp, en cas de victoire de Thierry Mariani le 27 juin prochain, il risque purement et simplement de mourir selon lui, et "tout ce qui a constitué le corpus idéologique de la droite" avec. Alors le candidat LR prévient, il est "un homme de dialogue" et pourrait aller jusqu'à tendre la main à la gauche si c'est la clé du second tour pour éviter une victoire finale de son rival.

Tendre la main à d'autres camps politique, c'est déjà ce qui avait mis Renaud Muselier dans la tourmente suite à l'accord passé avec LaREM. Si le candidat rappelle qu'"il n'y a pas eu d'accord d'appareils" et que ni ministre ni parlementaire ne figure sur sa liste, il regrette néanmoins les départs de leaders historiques du parti à la suite du rapprochement en question, comme Christian Estrosi ou Hubert Falco. Pour lui, cet épisode qui avait fait de nombreux remous au sein de la droite a démontré l'incapacité du parti de droite "à faire la différence entre une adversité démocratique et un ennemi de la République".

"Équipe de sous-doués" et "saluts nazis"

La campagne en PACA est marquée depuis son début par les échanges toujours plus virulents entre Renaud Muselier et Thierry Mariani. Interrogé par le JDD sur les vives critiques du candidat RN à l'égard de son bilan, le président sortant n'a pas hésité à mettre en avant tout ce qu'il avait accompli durant ses quatre années de mandat, alors que le RN "votait contre toutes ces actions":

"Monsieur Mariani s'appuie sur les deux pires élus de la région: Monsieur Vardon, qui faisait des saluts nazis et appartenait au groupe Unité radicale, celui qui a voulu assassiner Jacques Chirac. Et Monsieur Boccaletti, qui a été condamné pour "violences en réunion avec armes".

Rappelant au passage que son adversaire a "quitté la région depuis dix ans et vit à Paris", (raison pour laquelle des membres de LR ont déposé une requête à Avignon pour le faire radier des listes électorales), Renaud Muselier pointe aussi du doigt le fait que son adversaire, issu de la famille RPR comme lui, a "été acheté par Marine Le Pen" pour un salaire de député européen. Quant aux électeurs LR tentés par le projet d'un ancien de la droite, Renaud Muselier leur demande: "Comment une équipe de sous-doués pourrait-elle diriger la région Sud?".

Louis Augry