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Régionales: la gauche triomphe, la droite sauve l'Alsace

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, votant à Lille. La gauche a infligé une sévère défaite à la droite dimanche au second tour des élections régionales sans toutefois lui ravir son bastion historique, l'Alsace, selon des estimations

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, votant à Lille. La gauche a infligé une sévère défaite à la droite dimanche au second tour des élections régionales sans toutefois lui ravir son bastion historique, l'Alsace, selon des estimations - -

par Sophie Louet PARIS - La gauche a infligé une sévère défaite à la droite dimanche au second tour des élections régionales sans toutefois lui ravir...

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La gauche a infligé une sévère défaite à la droite dimanche au second tour des élections régionales sans toutefois lui ravir son bastion historique, l'Alsace, selon des estimations de TNS Sofres et OpinionWay.

Après un score historiquement bas au premier tour (26,2%), la majorité présidentielle, qui avait appelé un électorat démobilisé à "calmer les ardeurs" de l'opposition, limite les dégâts en conquérant au moins La Réunion.

On ignore l'issue du scrutin en Corse, deuxième citadelle de droite.

En Alsace, enjeu symbolique de ce second tour, la liste UMP conduite par Philippe Richert l'emporte avec 46% contre 39,5% à la liste de gauche et 14,5% à la liste Front national, selon TNS-Sofres. Le rapport est de 47,1%-38,7%-15%, selon OpinionWay.

C'est pour le président Nicolas Sarkozy et son Premier ministre, François Fillon, le scénario le moins humiliant, même s'il n'élude pas l'avertissement adressé au pouvoir par les électeurs.

"C'est une réelle défaite", a souligné le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, sur France 2.

Le taux de participation a progressé d'un peu plus de deux points entre les deux tours (entre 51,5% et 52,5% selon les instituts), après une abstention record de 53,64% au premier tour, le 14 mars, mais il est en deçà de celui de 2004, lors des précédentes élections régionales.

LA GAUCHE EN POSITION DE FORCE POUR 2012

La participation avait atteint 65,6% lors du scrutin de 2004, marqué par un raz-de-marée rose : la gauche avait conquis 13 régions à la droite au pouvoir, s'arrogeant le contrôle de 24 régions.

Le Parti socialiste, qui est parvenu cette année à des alliances avec Europe Ecologie et/ou le Front de gauche dans la quasi-totalité des régions, hormis la Bretagne et le Limousin, conforte son emprise sur les exécutifs locaux, dont Martine Aubry entend faire des "contre-pouvoirs".

Le premier secrétaire du PS n'obtiendrait pas la carte "toute rose" espérée, mais elle affirme son autorité au faîte d'un bloc de gauche désormais nettement majoritaire en France.

Un rapport de forces que les états-majors politiques évalueront dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012. Les régionales constituaient le dernier test national avant le rendez-vous de 2012.

L'opposition engrange 52% des voix contre 35% à la droite parlementaire au plan national, selon des résultats provisoires du ministère de l'Intérieur. Le Front national recueille 10%.

La gauche signe ainsi l'un de ses meilleurs scores de l'histoire de la Ve République.

En 2004, la gauche avait recueilli 49,9% des suffrages, contre 38,6% à la droite parlementaire. Lors des élections européennes de juin 2009, l'UMP était arrivée en tête avec 27,8%, le PS reculant à 16,48%.

L'embellie enregistrée dimanche est une victoire personnelle pour Martine Aubry, mais le très bon score de Ségolène Royal, sa rivale putative pour la présidentielle, en Poitou-Charentes (plus de 61% selon TNS Sofres et OpinionWay), est une épine dans cette brassée de roses.

LENDEMAINS DOULOUREUX POUR LE GOUVERNEMENT

La dirigeante socialiste devra également compter avec la voix dissidente de Georges Frêche, qui obtient selon OpinionWay 53,3% en Languedoc-Roussillon, contre 27,7% à la liste de la majorité et 19% à la liste Front national, qui s'était maintenue.

Le parti de Jean-Marie Le Pen, qui avait réussi à provoquer 12 triangulaires contre 17 en 2004, confirme son retour sur la scène politique sans pour autant réaliser une percée. Son étiage est autour de 10% contre 11,2% au premier tour.

Mais Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine améliorent leur score du premier tour, respectivement en Provence-Alpes-Côte d'Azur (24,9% selon OpinionWay, 23% selon TNS-Sofres), et dans le Nord-Pas-de-Calais (22,1% selon OpinionWay).

"Elections régionales, conséquences régionales, élections nationales, conséquences nationales", avait déclaré Nicolas Sarkozy à la veille du premier tour pour évacuer par avance une partie de la pression qu'il ne peut ignorer désormais.

Le chef de l'Etat a prévenu qu'il n'infléchirait pas sa ligne politique, même s'il a annoncé une pause dans les réformes pour 2011, mais n'exclut pas des "adaptations gouvernementales".

Reste à en déterminer l'ampleur.

Les défaites présumées des huit ministres engagés comme têtes de liste dans le scrutin - ils étaient au total vingt au front - devraient peser dans la balance.

Édité par Gilles Trequesser