BFMTV

Réforme fiscale : le plan secret du gouvernement

-

- - -

C'est un casse-tête pour le gouvernement : mettre en œuvre toutes les promesses de campagne de François Hollande, tout en respectant ses engagements budgétaires. C'est tout l'enjeu de la réforme fiscale à venir. Le gouvernement a un plan...

C’est à une équation complexe que sont soumis François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault : comment tenir ses promesses électorales tout en restant dans les clous budgétaires ? D’autant que Bruxelles a rappelé à la France ses obligations en matière de déficit. François Hollande reste inflexible et a redit à son gouvernement qu’il tiendrait toutes ses promesses : retour de la retraite à 60 ans « pour ceux qui ont commencé à travailler tôt », création de 60 000 postes supplémentaires dans l'éducation, de 10 000 dans la police et la justice, ou encore revalorisation de la prime de rentrée scolaire... Tout cela en ramenant le déficit à 3% du PIB dès 2013.

Un rapport spécial demandé à la Cour des comptes

Selon nos informations, un rapport spécial a été demandé à la cour des comptes, présidé par l’ancien député socialiste Didier Migaud. Un rapport qui devrait notamment expliquer que la droite a fait plus de dépenses qu’annoncé et a gonflé les prévisions de recettes fiscales. Bref : que les déficits seront plus grands que prévus.
Alors, comment les financer toutes ces promesses ? Par la fiscalité. A savoir par l’impôt. François Hollande a prévenu mardi soir sur France 2 : « Je veux dire aux Français que l’on ne va pas baisser les bras. Qu’il va falloir faire un effort. Que cet effort sera justement réparti. Qu’il y aura des décisions fiscales qui s’adresseront à ceux qui ont le plus. Et donc, nous aurons ces décisions là au mois de juillet et au mois d’août ». S’il n’y aura pas de « big bang fiscal » mais « une progressivité de l’impôt » comme l’a précisé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ce vendredi sur RMC/BFMTV, c’est bien une réforme de leur imposition qui attend les Français.

La hache ou le rabot

Il y a deux écoles au sein du gouvernement, entre les partisans du rabot et ceux de la hache. Le rabot, c’est la poursuite de la diminution des niches fiscales. Elles représentent encore près de 70 milliards d’euros. Les partisans de la hache, ce sont ceux qui veulent aller encore plus loin et appliquer dès le début du quinquennat le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Et le transformer ainsi en un impôt indolore prélevé tous les mois sur les salaires. Le rêve de tout ministre de l’économie, comme Pierre Moscovici, qui fait en ce moment du forcing pour obtenir le feu vert du président. Le rêve, car il suffirait ensuite de jouer tous les mois sur le curseur de l’impôt pour faire entrer pratiquement sans douleur des milliards supplémentaires dans les caisses.

La Rédaction avec Christophe Jakubyszyn