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Réforme du travail: comment les Insoumis se mobilisent

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Contre les ordonnances réformant le code du travail, La France insoumise fait valoir la légitimité de la rue, au moment d'appeler à manifester ce samedi, et utilise les réseaux établis pendant les campagnes présidentielle et législatives.

Il veut faire une démonstration de force contre les ordonnances réformant le code du Travail, signées ce vendredi à la télévision en en direct par Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon, lui, espère réunir plus de 100.000 personnes pour la manifestation parisienne de La France insoumise (LFI) ce samedi, rapporte Europe 1.

Bras de fer avec l'exécutif

Les Insoumis, qui dénoncent un "coup d'Etat social", veulent imposer un bras de fer à Emmanuel Macron, même si le Président a prévenu que "la démocratie n'était pas la rue" en début de semaine, dans une interview à CNN. 

"Ce qu'il appelle la rue, les manifestations, le mouvement social, ça fait partie constitutionnellement de la démocratie. Le fait majoritaire peut s'exprimer par la rue, avec une mobilisation si forte qu'elle incarne la souveraineté du peuple", explique à BFMTV le député LFI Éric Coquerel.

Jean-Luc Mélenchon lui-même a affiché son ambition jeudi, lors de la deuxième journée de mobilisation contre les ordonnances signées ce vendredi: "Je pense que l'on peut faire retirer ces ordonnances. On a tout vu dans ce pays. Dans une démocratie, les dirigeants politiques ont conscience des rapports de force qui existent."

"La démocratie, c'est à la fois la rue et les élections. Les femmes n'auraient jamais obtenu le droit de vote si elles ne s'étaient pas mobilisées", fait-il valoir.

Les cadres de LFI mettent en avant la légitimité du mouvement social, et interpellent leurs concitoyens sur l'attitude d'Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon a ainsi déploré jeudi le "côté autoritaire" d'Emmanuel Macron, jugeant que son "vocabulaire se droitise de plus en plus"

Plus de 100 cars affrétés

La manifestation de ce samedi est un moment capital pour les Insoumis dans la bataille sociale engagée. Un signe peut rassurer Jean-Luc Mélenchon: davantage de bus (entre 100 et 150) ont été affrétés pour cette journée-test que pour son meeting de candidat sur la place de la République, durant la campagne présidentielle à Paris. 

Les réseaux de La France insoumise - les "groupes d'appui" locaux - ont été activés pour acheminer les troupes sur le front.

"Le savoir-faire et l’expérience accumulés pendant la campagne sont une force car les outils dont nous disposons ont déjà été expérimentés et, si on peut les améliorer, on sait ce qui fonctionne", explique à L'Opinion le directeur de campagne Manuel Bompard.

L'enjeu pour Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants est de mobiliser au-delà des Insoumis. Pour cela, la présence de Benoît Hamon devrait être d'une aide précieuse. La guérilla qui oppose cadres insoumis et communistes apparaît cependant comme un frein à l'union de la gauche pour battre le pavé.

Louis Nadau